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nistrc de l’agriculture, il répondit qu’il n’y avait rien à craindre, qu’il yavait assez d’approvisionnements pour nourrir toute la France. Néanmoins,tout à coup la famine se déclare, et on est tout étonné que nos popula-tions meurent de faim, que les céréales manquent; cependant, dans lesbureaux, il y en avait bien assez.
Qu’est-il résulté de cette ignorance? Des troubles dans les marchés, etl’affaire de Buzançais!
Eh‘bien, est-ce que l’administration devrait ignorer tout cela? Non; jedis donc que ce n’est que dans de bonnes institutions agricoles qu’on trou-vera des renseignements précis; je dis que c’est là que gît le bien-être denos populations, et pas ailleurs.
Vous parlez de l’Institut de Versailles! En vérité, je n’ai jamais comprisalors que, pour les questions diverses qui se rattachent aux services publics,pour celles du commerce, des chevaux, des bois, des mines, des ponts etchaussées, de l’artillerie, on a des écoles spéciales, on n’ait pas encore, àcette époque, pour la plus grave de toutes les questions, pour une questionqui roule sur 7 milliards annuels, une instruction supérieure.
Les besoins ont grandi depuis dix ans, mais je ne crois pas que leshommes aient grandi en proportion ; cependant nous avons dans les cam-pagnes des hommes de génie supérieur qui restent obscurs, parce quel’ignorance crasse les écrase.
Nous aurions en agriculture des Cuvier, des Newton. Croyez-vous, enetfet, que si Cuvier, que si Newton avaient été de pauvres paysans des Cé-vennes, ils seraient devenus ce qu’on les a vus? Croyez-vous que nousn’ayons pas dans nos campagnes des génies par centaines? (On rit.) Oui,il y a dans nos provinces des hommes qui pourraient s’élever à un hautmérite; mais on ne leur tend pas la main.
Le citoyen Tourret. Je tiens à répondre un mot à l’honorable M. Dezei-meris, que je trouve ici l’adversaire de la loi, surtout pour l’Institut agricoleet pour les fermes régionales; ce qui me fait encore rappeler que M. leministre de l’agriculture était tout à fait dans le vrai, en disant que c’estla discussion sur la loi qui allait recommencer. C’est le même adver-saire que je rencontre ici ; seulement le moyen pour arriver au but estdétourné.
Je n’entrerai pas dans la discussion des petits détails présentés par l’ho-norable M. Dezeimeris; mais, dans l’ensemble de ce qu’il vient de dire,