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l’ouest. On y monte ordinairement de Champéry , en allantcoucher au Chalet de Bonavaux , situé sur la droite de lagorge où se précipite le torrent qui vient de la Tour Salière.De Bonavaux, on s’engage dans cette gorge, qui est trèsétroite et très sauvage, mais où l’on a partout un bon sentier.Le seul pas difficile, dit Pas de Bonavaux, n’offre plus aucundanger depuis qu’on y a mis des barrières en fer. La gorge dé-bouche dans le solitaire pâturage de Suzanfe (1950 mètres),qui n'a pour tout chalet qu’une misérable case en pierres. Ona en face de soi la Tour-Salière, et sur la gauche, la Dent duMidi, vers laquelle on s’élève par une pente uniforme, intermi-nable , et de plus en plus stérile. Il n’y a nulle part trace dedanger ; mais le dernier coup de collier, sur une rampe char-gée d’un lit de pierres roulantes, ne laisse pas que d’être pé-nible. La vue du sommet est incontestablement très belle, etles abîmes qui s’ouvrent au regard, lorsqu’on se penche enavant, du côté des autres dents, sont d’un grand effet ; cepen-dant le tableau général est loin d’être aussi harmonieusementgroupé que du sommet de la Dent de Mordes et les perspec-tives du côté du Mont Blanc sont moins dégagées, quoi qu’onsoit plus haut et plus près. On peut dire que c’est une vueintermédiaire entre celles de la Dent de Mordes, et du Buet,qui offrent deux types plus caractérisés, et, somme toute, plusfrappants. Ce n’est naturellement pas l’opinion des guides etdes aubergistes de Champéry .
L’ascension de la Dent du Midi peut se rattacher, commebrillant épisode, à l’une des plus belles courses qu’on puissefaire dans les Alpes , savoir le tour de la Dent du Midi.