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Tome I.
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INTRODUCTION.

Si, parmi les contrées que nous venons de parcourir,il en est une que l’âpreté de son climat et la stérilité deson sol semblaient avoir vouée à une éternelle obscu-rité, c’est le Brandebourg. Cependant un siècle aura àpeine vu l’épée d’un électeur se changer en sceptreroyal *, qu’un monarque prussien s’avancera, à la têted’une ligue de rois, contre la formidable révolutionfrançaise.

Le Brandebourg, la Prusse *, la Poméranie restèrentplus longtemps barbares que les autres contrées del’Europe 1 * 3 ; la chasse et la guerre étaient l’unique occu-pation de leurs habitants, que l’aigle romaine n’allajamais saisir au fond de leurs forêts.

Tour à tour les Suèves, les Venèdes, les Vandales,les Saxons, les Franks avaient occupé la Marche deBrandebourg ; peu à peu les physionomies individuellesde chacun de ces peuples s’effacèrent ; le temps finitpar confondre, en un seul corps de nation, ces diversessuccessions d’habitants.

Vers le commencement du treizième siècle, l’idolâtrien’avait pas entièrement disparu de ces contrées, et lesplus illustres chevaliers de la Chrétienté allaient, en

1 Ségur, Décade historique. >

* Les peuples qui habitaient la Prusse, durent-ils ce nom de Po-Russesau voisinage des Russes dont l’empire, déjà à cette époque, s’étendaitsur toute la Courlande et sur la Lithuanie ? Malte-Brun combat cetteétymologie. A l’en croire, le nom de Pruczi (prononcez Prusi) viendraitde quelque ancien mot wende, lié avec celui de pruszinka, terre dureet glaiseuse, comme le sont celles du plateau intérieur de la Prusseorientale.

3 Ségur, ibid.