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Tome I.
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INTRODUCTION. 151

cette exemption ; 5" les fils de veuves ou de fabricants,et les fils uniques.

Mais ce régime avait enfanté une foule d’abus révol-tants, d’odieuses vexations ; dans les campagnes sur-tout, le despotisme militaire s’exerçait tout à l’aise ; là,point de recours, nul appel possible 1 .

Avec ses goûts et ses préjugés, Guillaume devait êtreun obstacle aux progrès de l’esprit humain. Sous sonrègne, les universités dégénérèrent sensiblement. Toutce qui tenait à la cour affichait le plus profond méprispour l’Académie des Sciences, où néanmoins Pott, Mar-graff, Eller, protestaient, par de lumineuses découvertes,contre ces dédains sauvages. Toute vouée aux armes,la jeune noblesse regardait l’ignorance comme un brevetd’honneur, et le savoir comme une pédanterie plé-béienne. L’Académie de peinture cessa d’exister; lesarts et leurs applications tombèrent en décadence. Verscette époque, un chimiste, nommé Bottcher, ayantquitté Berlin pour Dresde, livra au roi de Pologne le

1 Frédéric II s’efforça d’adoucir le mode de recrutement : les hommesde haute stature ne furent plus tourmentés, et les châtiments se miti-gèrent. Sous Guillaume, on n’avait vu que trop de soldats, réduitsau désespoir, déserter ou mettre un terme à leur existence. Forcé,comme toutes les puissances rapidement agrandies, d’entretenir unenombreuse armée, Frédéric ne put malheureusement pas soulager beau-coup le peuple sous ce rapport. Néanmoins, une amélioration notableeut lieu après la guerre de Sept-Ans. Alors, en effet, les autorités civilesconcoururent, avec les autorités militaires, aux opérations du recrute-ment. llicn ne put plus se faire sans leur approbation; tous les ansdes officiers venaient dans les cantons pour s’entendre avec les ofli-ciers civils. (Voyez Dohm, Denkwurdigkeiten meiner Zeit, etc., Faitsmémorables de mon temps, etc.)