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Tome I.
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secret de cette belle porcelaine dont la Saxe devint de-puis si fière. Quant au commerce, né à peine, ou de laveille, le gouvernement l’étouffait en suivant des prin-cipes funestes; car il cherchait moins à l’étendre qu’àréprimer les dépenses inutiles. « Ce gouvernement toutmilitaire influa dans les mœurs, et régla même les mo-des : le public avait pris par affectation un air aigrefin ;personne, dans tous les États prussiens, n’avait plusde trois aunes de drap dans son habit, ni moins de deuxaunes d’épée pendues à son côté. Les femmes fuyaientla société des hommes, et ceux-ci s’en dédommageaiententre le vin, le tabac et les bouffons; enfin, nos mœursne ressemblaient plus ni à celles de nos ancêtres, ni àcelles de nos voisins ; nous étions originaux, et nousavions l’honneur d’être copiés de travers par quelquespetits princes d’Allemagne 1 . »

Mais ce même roi qui n’eut point de grandes vueseut des vues utiles; la Prusse lui doit beaucoup. Sonexcessive économie était une vertu nécessaire dans lescirconstances où il se trouva. Ignorant, brutal, sévèrequelquefois jusqu’à la barbarie % mais sensé, laborieux,

1 Frédéric, Mém. four servir à l’hist. de la Maison de Brandebourg.

8 Un de ses receveurs, établi k Kœnigsberg, avait en caisse unesomme considérable sans emploi actuel ; il en tira deux mille écuspour quelques affaires personnelles, et mit k leur place un billet où ilreconnaissait devoir cette somme, avec l’engagement d’un très-promptremboursement. Cet homme, fort riche propriétaire, jouissait d’ailleursd’une excellente réputation. Guillaume arrive k l’improviste dans cettecapitale, visite la caisse, voit le billet, constate le vide, et fait pendrele receveur comme dépositaire infidèle. (Thiébault, Mes Souvenirs devingt ans de séjour à Berlin, etc.)