DE FRÉDÉRIC 11.
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de la margrave : nul vestige ailleurs. Comme elle—môme les tenait de la Reine, ennemie personnelle ded’Anhalt et de Grumkow, peut-être ont-ils été exa-gérés, mais le fond doit être vrai.
Au reste, à peine roi, Frédéric fit M. de Grumkowfeld-maréchal et gouverneur de Berlin : or, quiconquea bien étudié le caractère de ce prince, y trouvera lapreuve de la conjuration.
Frédéric avait atteint seize ans, quand son père, nonsans beaucoup de répugnance, l’emmena avec lui dansune visite au roi de Pologne, Auguste II. C’était aucommencement de l’année 1728.
Tout à coup un monde nouveau s’ouvrit devant cettejeune et ardente imagination. En effet, rien de plusopposé que les deux cours de Dresde et de Berlin. Dansl’une, un monarque sévère, des hommes sérieux commela discipline qui les régissait, toujours occupés et rigi-dement économes; des femmes modestes, vouées auxvertus domestiques, à la vie intérieure. Dans l’autre,la plus brillante, la plus voluptueuse de l’Allemagne,peut-être même de l’Europe, le prince encourageait levice et la galanterie par son exemple 1 ; autour de luiéclatait un luxe asialique.
Quel contraste, aux yeux de Frédéric, avec l’âpreparcimonie de son père ! A Berlin, une seule préoccu-pation dominait les esprits, le service de l’État; àDresde, au contraire, où les soins du gouvernement
1 De ses nombreuses maîtresses, Auguste eut trois cent einquante-qualre entants.