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HISTOIRE
son impatience; le Roi, jouissant de ce spectacle, sen-tait qu’il était père. Enfin, l’heureux moment arrive :« Ah! Fritz, » s’écrie la Reine; et elle presse son filsentre ses bras en le baignant de larmes. Cette émotionsubite pensa lui devenir funeste. f)e pareilles joies inon-dent le cœur d’une mère. Guillaume lui-même fut at-tendri : « Fritz, Fritz, dit-il en se tournant avec bontévers le prince royal, une autre fois tu n’en seras pasquitte à si bon compte. »
Dansant à l’extrémité de la galerie, la princesseWilhelmine ignorait tout encore; Grumkow vint à elle :«Eh! mon Dieu, madame, lui dit-il en souriant, VotreAltesse Royale est-elle donc piquée de la tarentule? Nevoit-elle point ces étrangers qui viennent d’arriver ? »S’arrêtant tout court, la princesse, regardant autourd’elle, aperçut en effet un jeune homme habillé degris, et, sans le reconnaître, tant il avait pris d’embon-point : « Mais allez donc embrasser le prince royal,ajouta Grumkow; le voici devant vous. » Après avoircouvert de caresses ce frère bien-aimé, elle courut sejeter aux pieds du Roi qui, la relevant avec bonté :« Hé bien? ma fille, lui dit-il, êtes-vous contente demoi ? vous voyez que je vous ai tenu parole. »
Avant de quitter Kustrin, le prince avait dû s’enga-ger, par serment, à obéir en tout à son père ; à n’entre-prendre aucun voyage sans sa permission; à vivre dansla crainte de Dieu; à remplir ses devoirs religieux, età se marier comme le Roi l’entendrait.
Quand l’uniforme lui fut rendu, on lui présenta aussiune épée ; mais Frédéric la refusa : « C’est celui qui