DE EKÉDÉRIC II.
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m’a ôté mon épée, dit-il, qui doit me la rendre; » et iln’en voulut recevoir une que de la main de son père.
Peu de temps après, Frédéric-Guillaume lui donnaun régiment, et songea à le marier. On se rappellel’opiniâtre engouement de la Reine et l’insurmon-table aversion du Roi à l’endroit des mariages anglais.De là, pour le jeune prince, une nouvelle série de tri-bulations.
« Jusqu’ici, mon sort a été assez doux, écrivait-il àsa sœur ; j’ai vécu tranquillement dans ma garnison ;ma flûte, mes livres et quelques amis affectionnésm’ont fait passer une vie fort paisible. On veut meforcer à l’abandonner, pour me marier avec la prin-cesse deBevern, que je ne connais pas : on m’a extor-qué un consentement qui m’a causé bien de la peine.Faudra-t-il donc toujours être tyrannisé, sans espoir dechangement? Encore, si ma chère sœur était ici, j’en-durerais tout avec patience. »
Favorable aux vues de la cour de Vienne, et moinsdisposé que jamais en faveur du monarque anglais,qui l’appelait ironiquement V Archi-sablier 1 de l’Empire,et son frère, le Caporal, Frédéric-Guillaume avait fixéson choix sur une nièce de l’Empereur, âgée de dix-sept ans et demi, Élisabeth-Christine, fille de Ferdi-nand-Albert, duc de Brunswick-Bevern 8 : c’était enfinir pour toujours avec l’Angleterre.
Ce mariage eut lieu le 12 juin 1752; mais Frédéric
1 Faisant ainsi allusion aux landes sablonneuses du Brandebourg.
! Plus tard, duc de Brunswick-Wolfenbuttel, par la mort det.ouis-lîodolphe, son beau-père.