DE FRÉDÉRIC II.
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min faisant, Algarotti et moi nous consultions la carte mogéographique pour régler notre retour par Wesel. Stras-bourg ne nous détournait pas beaucoup, nous choi-sîmes cette route; l 'incognito fut résolu; enfin, toutarrangé et concerté au mieux, nous crûmes aller entrois jours à Strasbourg ;
« Mais le ciel, qui de lout dispose,
Régla différemment la chose;
Avec des coursiers efflanqués,
En droite ligne issus de Rossinante,
Des paysans en postillons masqués,
Nos carrosses cent fois dans la route accrochés,
Nous allions gravement d’une allure indolente, etc. »
L’argent d'un prince-évêque l’indemnisa amplementdes frais du voyage. Leshabitants delà seigneurie d’Her-stall, appartenant à la Maison de Brandebourg, commehéritière de la Maison d’Orange, dans le district deLiège, refusaient de prêter serment au nouveau roi;le Prince-Évêque eut l’imprudence de les soutenir. Aus-sitôt deux mille hommes de troupes de Wesel mirent saville à contribution ; satisfait de cette correction, le Roirenonça à tous ses droits, moyennant 150,000 écus quelui paya l’évêque.
Ce fut une bonne fortune pour Voltaire que d’avoirà rédiger le manifeste, et l’on conçoit avec quel empres-sement le philosophe dut s’acquitter de cette commis-sion. Il était venu saluer le monarque prussien dans sonpetit château de Meurs sur la Meuse, où déjà Mauper-tuis l’avait devancé.
Là eut lieu leur première entrevue.