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Tome I.
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HISTOIRE

1745 où les Autrichiens commençaient à faire des progrès enAlsace; la bataille de Fontenoy et la prise de Tournaiétaient à la vérité des événements glorieux pour lapersonne du Roi, et avantageux à la France; mais,quant à l’intérêt direct de la Prusse, une bataille gagnéeaux bords du Scamandre ou la prise de Pékin eussentété des diversions égales. Le Roi ajouta que les Fran-çais occupaient à peine six mille Autrichiens en Flandre,et que, le péril où il se trouvait l’empêchant de se con-tenter de belles paroles, il réclamait instamment deplus solides résultats.

La comparaison du Scamandre et de Pékin déplutà Louis; son humeur perça dans sa réponse au roide Prusse ; celui-ci se piqua à son tour du ton froidet hautain de cette réponse. Une telle alliance devaitêtre courte

Entouré d’ennemis formidables, Frédéric ne pouvaitencore leur opposer les ressources lointaines que pré-parait sa prudence. La politique ne lui présentait quedes abîmes ; la guerre, que des hasards ; les finances,qu’un épuisement de ressources presque total.

Mais tel était cet homme extraordinaire que, gran-dissant avec le danger, il semblait réserver toute sonénergie morale pour ces moments de crise où tant decourages vont s’éteindre. Le célèbre lord Chesterfield,alors ministre d’Angleterre à La Haye, et très-favo-rable au monarque prussien, avait dit à Podewils, en-

1 « Ce prélude confirmait la cour de Berlin dans l’opinion que leGrand-Duc deviendrait empereur, que l’armée des alliés serait mal-