Band 
Tome I.
Seite
332
JPEG-Download
 

332

HISTOIRE

La victoire d’Ilohen-Friedberg sauva la Silésie.

On ne poursuivit pas les Autrichiens avec beaucoupd’ardeur, et ce fut fort sage. En effet, la bataille, quoi-que courte, avait été une suite d’efforts continuels; lesmunitions de guerre étaient épuisées; l’arrière-gardedu prince de Lorraine, composée des corps de Wallis etde Nadasti, n’avait pas combattu; ces corps occupaientles hauteurs de Hohen-Friedberg, et certes il eût été té-méraire de vouloir les en déloger. Les Prussiens tenaientles hauteurs deKauder, mais celles de Hohen-Friedbergse trouvaient à leur gauche. Pourquoi donc s’exposer,par une fougue imprudente, à perdre l’avantage obtenupar la sagesse 1 ?

C’était pour la troisième fois que le sang humaincoulait dans cette querelle; ce ne fut malheureusementpas la dernière. Quand les souverains jouent des pro-vinces, les^bommes sont les jetons qui les payent. Cemot est d’un des grands maîtres de ce jeu terrible.

Le 6 juin, l’armée se porta sur Landshut. Frédéric yétait à peine arrivé, que deux mille paysans, exaspéréspar la persécution, vinrent le trouver, lui demandantl’autorisation de massacrer tous les Catholiques dupays. Bien éloigné de leur accorder une permissionaussi barbare : « Conformez-vous plutôt aux préceptesde l’Écriture, leur dit ce prince ; bénissez ceux quivous offensent, et priez pour ceux qui vous persécutent,afin d’hériter le royaume des deux. » Les paysans luirépondirent qu’il avait raison, et se retirèrent. Sage-

1 Jornini, ihid.