DE FRÉDÉRIC II.
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ment dirigé, le peuple ne s’écarte point des sentimentsnaturels à l’homme, ou ne tarde guère à y revenir ; desinsinuations perfides, une extrême ignorance peuventseules l’entraîner aux excès. Telle était l’intime con-viction de Frédéric : de là, durant ce règne de prèsd’un demi-siècle, son zèle à détruire le fanatisme,quelle que fût sa nature, sans exercer de violencescontre les fanatiques ; de là, ses efforts pour dissiper lesténèbres encore répandues sur quelques parties de sesÉtats.
De Landshut, le Roi, marchant toujours, pénètre enBohême, et campe, le 20 juillet, près de Chlum. Leprince Charles reste immobile dans le poste inatta-quable de Konigsgratz.
Certes, Frédéric aurait facilement transporté la guerreen Saxe ; mais c’eût été livrer la Silésie aux Autri-chiens ; il ne s’écarta donc point de son premier plan,qui était d’affamer les frontières de la Bohême pourempêcher l’ennemi d’y prendre ses quartiers d’hiver.La trahison d’un officier avait livré, comme on l’a vuplus haut, Kosel aux Hongrois; Nassau, détaché sur laHaute-Silésie, reprend cette place, le 5 septembre, yfait prisonnier Flandrini avec deux mille cinq centsAutrichiens, et chasse les Hongrois.
Rappeler de Dresde son ministre Cagnoni fut un despremiers soins du vainqueur, et l’envoyé du roi dePologne à Berlin reçut l’ordre de partir; l’invasiondes Saxons en Silésie n’était-elle pas une rupture ou-verte?
Dans le même temps, Frédéric, attentif à ses négo-
1745