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HISTOIRE
1745 Rentré au camp, il ne trouva même plus de plumesni d’encre, et ce fut au crayon qu’il écrivit ce peu demots à son ministre à Breslau : « J’ai battu les Autri-chiens ; j’ai fait des prisonniers. Qu’on chante un TeDeum . «
Toujours malheureux, le prince Charles regagna soncamp de Konigshoff. Le plan de bataille conçu par lui,ou par Franquini, auquel d’autres l’attribuent, étaitsage; mais l’exécution en fut vicieuse 1 .
Soor est une des plus glorieuses batailles de Frédéric.
Après avoir campé, par honneur % cinq jours sur lechamp de bataille, il ramena ses troupes à Trautenau.A la vue d’une armée deux fois victorieuse, se retirantdevant l’armée vaincue, sans recueillir immédiatementaucun fruit de ses triomphes, on s’étonnera peut-être.Mais Frédéric songeait aux montagnes dont la Bohêmeest entourée, aux gorges qui la séparent de la Silésie,à la difficulté des vivres, à la supériorité des ennemisen troupes légères, à l’affaiblissement de son armée, àla saison déjà avancée ; ces motifs le décidèrent.
Quittant donc la Bohême, il alla prendre ses quar-tiers d’hiver en Silésie, non sans avoir éprouvé quelquespertes en repassant les montagnes. Là, le Roi remit lecommandement des troupes au prince Léopold d’Anhalt-Dessau, en lui enjoignant de ne les point sépareravant d’avoir reçu de nouveaux ordres. Cette précau-tion devenait nécessaire; car le prince Charles avait
1 Jomini, Traité des grandes opérations militaires, tome I.’ Frédéric, Histoire de mon temps, tome H.