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1745. Il était temps que Frédéric vînt imprimer à ses né-
> gociations une énergie nouvelle; des circonstances,compliquées non moins qu’imprévues, allaient rem-brunir encore l’horizon politique. Tout semblait con-damner ce monarque à la guerre. A peine tranquilledu côté de la Grande-Bretagne, il songeait aux heu-reuses conséquences du traité de Hanovre, quand l’a-ventureuse expédition du prince Édouard en Écosserappela Georges dans son royaume; c’était l’ouvragede la France, armant ainsi l’Angleterre contre l’Angle-terre. Louis XV lui dut une partie de ses avantages enFlandre et en Brabant, la nécessité ayant contraintGeorges à retirer ses troupes de ces deux pays. Nousreviendrons bientôt sur ce dernier épisode de la viepolitique des Stuarts.
Mais une autre inquiétude préoccupait Frédéric : ilcraignait que la convention de Hanovre n’irritât laFrance, son unique alliée, la France déjà mal disposéeà son égard. En effet, ce traité, tenu secret jusqu’alors,n’était plus un mystère ; les Autrichiens et les Saxonsavaient pris soin de le divulguer.
L’avenir ne se présentait donc à ses yeux que sousde tristes couleurs, lorsqu’il découvrit un danger plusmenaçant encore : c’était le projet de le surprendre,cet hiver môme, au sein de sa capitale. Voici commentil en fut informé : le mariage de la princesse Ulriqueavec le prince de Suède avait favorablement disposé lacour de Stockholm pour les Prussiens, et MM. de Ru-denschild et Wolfenstirna, ministres suédois, l’un àBerlin, l’autre à Dresde, portaient au monarque prus-