Band 
Tome I.
Seite
346
JPEG-Download
 

HISTOIRE

546

1745 français à La Haye : « Avouez, dit-il au pensionnaireFagel, que le Grand-Turc a des sentiments vraimentchrétiens. — Oui, répondit Fagel, mais il y a des paysoù, en voulant passer pour <m-chrétien, on ne cessed’agir comme des Turcs. »

L’orage s’amoncelait sur la Prusse; la moindre hé-sitation eût été funeste : Frédéric nomme le vieuxprince d’Anhalt au commandement de l’armée quis’assemblait à Halle; il fait annoncer aux cours étran-gères, par le comte de Podewils, les actifs complotsde ses ennemis, sa ferme volonté de les prévenir.

Malheureusement, le trésor était épuisé; les revenusde la Silésie ne s’étant pas perçus comme en temps depaix, les deux tiers avaient manqué; le gouvernementne savait où trouver des fonds pour continuer la guerre.

A tant de périls vient bientôt s’en joindre un nou-veau. L’envoyé russe déclare que, si la Prusse attaquel’électorat de Saxe, l’Impératrice sera obligée, aux ter-mes de son alliance avec le roi de Pologne, d’envoyerà ce prince un contingent de troupes. Il fallait à cettenotification une réponse énergique et mesurée. Protes-tant donc de ses intentions pacifiques à l’égard de tousses voisins, « si quelqu’un d’eux, ajoute Frédéric, couvedes desseins pernicieux contre mes États, nulle puis-sance de l’Europe ne m’empêchera de me défendre etde le confondre. Je ne veux rien du roi de Pologne quele châtier dans son électorat, et lui faire signer un actede repentir dans sa capitale. »

L’alarme s’était répandue dans Berlin; on eût dit queles bataillons ennemis l’envahissaient déjà. Les prépa-