Band 
Tome I.
Seite
379
JPEG-Download
 

DE FRÉDÉRIC II.

579

ser par leur faste, et bientôt par leur crédit, les fa- Hu-milies qui précédemment avaient obtenu le plus d’é-gards et de considération. Peu à peu, ces nouveauxparvenus ont possédé les terres, les titres, les honneurset les charges. Les nobles, devenus pauvres, écartés,humiliés, et presque oubliés, ont compris que les ri-chesses étaient tout ; et il en est arrivé que les senti-ments n’ont plus eu aucune valeur, et qu’on a cesséde les porter en ligne de compte : on a troqué ces titrescontre de l’or, tout a été vénal. Les mésalliances sesont multipliées à l’infini; les financiers surtout et lesgens d’affaires, les entrepreneurs, les fournisseurs pu-blics, n’ont songé qu’à piller davantage pour acheter deplus illustres alliances; tous les rangs ont été confon-dus : il n’y a donc plus eu de sentiments distinctifspour aucune classe. Le premier mobile partout et pourtous a été l’argent, c’est-à-dire la chose qui est laplus opposée à l’élévation de l’àme, et qui ne devientpoint un objet de cupidité chez les hommes qui tien-nent au gouvernement, qu’elle ne produise en peude temps la dégradation la plus générale, la cor-ruption la plus complète, et la ruine enfin de touteune nation. Yoilà, monsieur, les obligations que vousavez, selon moi, au système de Law, et la chaînedes événements qui me semblent justifier ce quej’ai dit d’abord, que vous n’avez plus de noblesse enFrance. »

Durant ce long règne, il est sans exemple qu’unhomme ait obtenu le titre d’officier, sans en exercer lesfonctions. Il fallait môme une permission expresse du