Band 
Tome I.
Seite
380
JPEG-Download
 

HISTOIRE

r,so

1715 - prince pour porter l’uniforme après avoir quitté le ser-vice.

Connaissant assez les hommes pour savoir que l’en-thousiasme les exalte un moment, mais que l’intérêtseul les attache, le roi de Prusse intéressa ses jeunesofficiers à attendre patiemment l’épaulette de capitaine-commandant, par la certitude des avantages qu’elleprocurait. Une fois arrivés à ce poste, les mômes consi-dérations les y retenaient, ce grade, en temps de paix,valant de douze à quinze mille francs par an. Non quel’État leur allouât cette somme ; loin de là, chaque ca-pitaine ne coûtait au trésor royal que quinze cents francs;le surplus provenait de profits autorisés, tels quel’épargne d’une demi-aune de drap sur chaque uni-forme, celle des boutons, dont l’entretien est à la charge'du soldat, et surtout de la paye des Frcy-Wechterque touchait le capitaine durant leurs dix mois decongé; il en revenait bien une part au Roi, mais c’étaitla plus faible. Un tiers de la compagnie au moins,quelquefois même la moitié, était en congé 8 . Cet usagesi avantageux au capitaine, convenait également ausoldat qui, rentré dans ses foyers, pouvait s’enrichirpar son travail; c’était un adoucissement aux rigou-reuses exigences de la conscription.

De plus, un ordre formel défendant de faire monter

1 On appelait Frey-Wechter les hommes renvoyés chez eux, pen-dant dix mois de l’année, en lemps de paix.

2 Les capitaines du génie, n’ayant point de compagnie, ne lou-chaient guère que quinze cents francs; injuste différence qui n’eûtpoint dû exister.