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Tome I.
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HISTOIRE

1745 -

1750

grands cris; le but est atteint : tout à coup elle s’ar-rête, on n’entend plus que la voix des commandantsqui raccordent leurs escadrons, et, à travers les éclaircisde la poussière qui commence à s’élever, on aperçoit laligne entière et dans un parfait alignement. Quel beauspectacle que de pareilles charges de cavalerie! on neles voit pas sans un frémissement mêlé d’admiration;on se rappelle cette belle expression de l’Écriture,quand elle compare les nuages portés par les vents àun ouragan de cavalerie : Sicut procellam cquestrem. Qu’ily a loin de là à l’inutile et petite pompe de nos ancienstournois! »

Dans ses premières guerres, Frédéric, presque en-tièrement dépourvu de troupes légères, se trouvait tou-jours gêné pour ses subsistances, ses convois, ses four-rages, et ne se soutenait qu’avec beaucoup de peinecontre des ennemis sans cesse battus; sans ses Croateset ses hussards, peut-être la Maison d’Autriche eût-ellesuccombé en 1740, et même dans la guerre de Sept-Ans.Frédéric se hâta de pourvoir largement à ce besoin.

Jamais les régiments ne changeaient de garnison,rarement de chefs; système économique à la fois ettrès-propre à resserrer la confiance entre le soldat etses supérieurs.

Au lieu de disséminer les troupes, comme en d’au-tres pays, on les concentrait presque toutes en fortesgarnisons : de là, l’immense avantage de les exercer,sans interruption, aux grandes manoeuvres.

Frédéric se montra toujours aussi sévère pour l'offi-cier que pour le soldat ; les effets ont prouvé l’excel-