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Tome I.
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HISTOIRE

imb- Philippe V venait de succomber à la sombre mélan-

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cobe qiu depuis longtemps le consumait ; assemblagebizarre de défauts et de qualités contraires, ce prince,intrépide sur les champs de bataille, manqua d’éner-gie dans la vie privée. Ne gouvernant jamais qu’avecd’autres volontés que les siennes, il fut roi sans ré-gner, et bon sans faire beaucoup de bien. Néanmoins,malgré la faiblesse de ce prince, l’histoire de sonrègne offre plus d’une page glorieuse : la conquêted’Oran sur les Algériens; l’élévation de son fils aînédon Carlos sur le trône de Naples et de Sicile, trôneenlevé à l’Autriche; la restauration de la monarchieespagnole, si dégénérée sous Philippe IV et sous Char-les II : voilà des titres qui honorent sa mémoire. Fa-tigué du poids de la couronne, il l’avait autrefois dé-posée en faveur de don Louis, son premier fils. Quandce prince eut cessé de vivre, Philippe reprit le sceptrepar résignation, avec la même répugnance que d’au-tres éprouvent à le déposer.

La mort de ce monarque ne présagea d’abord au-cun changement dans l’union des cabinets de Ver-sailles et de Madrid; Ferdinand VI, son successeur,paraissait vouloir adopter la même politique

Cependant la position des trois armées de France,d’Espagne et de Naples, devenait de jour en jour plusfâcheuse; comme enfermées entre le Pô, le Lambro,le Tidone, la Trébie, elles avaient tout à craindre del’infatigable roi de Sardaigne et des Autrichiens; lejeune comte de Maillebois, fils du maréchal de ce nom,leur fraya une route. Bientôt les alliés furent en pleineretraite.