HISTOIRE
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me- Botta que l’on a vu, en Russie, conspirer contre Éli-sabeth. Le sénat encourageait secrètement cette ven-geance nationale, sauf à la trahir plus tard. Le ducde Boufïïers, et, après lui, le maréchal de Richelieu vin-rent, à travers mille obstacles, jeter du secours dansGênes; le siège étroit qui la pressait fut enfin levé.Mais, bientôt, l’orgueil aristocratique aima mieux hon-teusement fléchir devant Marie-Thérèse que d’entrer,avec le peuple, en partage du pouvoir.
Un nouveau revers attendait les Français : le maré-chal de Belle-Isle, maître du comté de Nice, voulaitpénétrer au cœur de l’Italie. Pour effrayer le Piémont,il envoya dans la vallée de Sture un corps de troupessous les ordres de son frère; commission périlleuse,mais qui, par cela même, flattait singulièrement letéméraire courage du chevalier. Celui-ci, engagé versle col de l’Assiette, sur le chemin d’Exilles, crut pou-voir enlever ce poste, et manda les Espagnols pour ymonter ensemble. Mais ils tardèrent trois jours, et leroi de Sardaigne put se fortifier. Belle-Isle eut dûchanger son plan ; il n’en fit rien ; aussi, quand lesFrançais attaquèrent ces funestes retranchements,vingt-un bataillons piémontais n’eurent-ils que lapeine de massacrer. Du moins, le général ne survécutpas à sa défaite. Blessé aux deux mains, il cherchaitencore, avec ses dents, à arracher les palissades ; soncourage tenait de la fureur, du repentir peut-être. Undemi-siècle plus tard, une série de triomphes, sansexemple dans l’histoire, vengera la France au delà desAlpes.