DE FRÉDÉRIC II.
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Tandis que la Flandre et l’Italie servaient de théâtre JTW-aux jeux sanglants de l’ambition, une entreprise, ro-manesque dans ses circonstances, mais bien tragiquepar ses résultats, occupa quelque temps l’attentionde l’Europe. Qui n’a donné des larmes au princeÉdouard? qui a vu, sans une douloureuse admiration,ce jeune et dernier 1 rejeton d’une race infortunée,affronter les plus imminents dangers, défier seul, avecune poignée de braves, le sort et les hommes, pourreplacer son père sur le trône de ses aïeux? Oublier lacouronne eût été plus sage; mais ce genre d’héroïsme,où le trouver?
Jetons un voile sur les malheurs qui suivirent cettetentative désespérée, dont Culloden fut le tombeau,et sur les atroces cruautés qui souillèrent la victoire.Oublions surtout qu’un ministère français, après s’êtreservi d’Edouard comme d’un instrument utile 2 , trahitlâchement à son égard les lois de l’hospitalité, en lefaisant enlever, par des soldats, au milieu de Paris.
1 Charles-Édouard mourut sans postérité, en 1788, à Florence. Sonfrère, Henri-Benoît, d’abord duc d’York, ensuite cardinal du mômenom, termina sa carrière h Rome en 1807, âgé de quatre-vingt-deuxans. Dans son testament, le cardinal ordonna que son titre de Henri IXfût inscrit sur sa tombe ; dans son intérieur, il se faisait traiter de Ma-jesté. On raconte qu’un des fils de Georges III, voyageant en Italie, dé-sira être présenté au cardinal, et qu’il se conforma de très-bonne grâce,devant le vieillard, à l’étiquette observée chez les Rois.
* Jamais la cour de Versailles ne pensa sérieusement à rétablir leprétendant. « Cet événement, disait Louis XV, dépend du concours detrop de causes secondes. » On connaît le mot du maréchal de Noaillesa ce prince : « Sire, si Votre Majesté avait voulu faire dire la messe àLondres, il aurait fallu y envoyer trois cent mi Ile hommes pour la servir.»