HISTOIRE
1746 -
1747
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Cette déloyauté, d’autant moins pardonnable qu’elleétait imposée par l’Angleterre *, aurait excité plusd’indignation encore, si Édouard n’eût pris bientôtsoin d’éteindre lui-même la pitié qu’il avait d’abordinspirée. Tandis que ses compagnons d’infortune, fidè-les jusqu’au dernier moment, expiraient sur l’échafauden bénissant son nom, le prince se montrait à toutesles fêtes, à tous les spectacles, faisant en quelque sorteparade d’insensibilité. On eût dit qu’en ordonnant sonarrestation à l’Opéra, le ministère voulait rendre, parle choix même du lieu, cette mesure moins odieuse.
Déjà, en 1715, dix mille montagnards jacobites,sous les ordres du comte de Mar, arborant l’étendardde l’insurrection, avaient proclamé, dans les comtés del’Écosse occidentale, le prétendant, fils de Jacques II,tandis qu’au Nord de l’Angleterre une insurrection ca-tholique éclatait en faveur de ce prince. Mais, après lasanglante journée de Dumblaine où les troupes deGeorges I er triomphèrent, et une retraite habile du comtede Mar, les vaincus s’étaient dispersés dans le Nord del’Ecosse.
L’aventureuse expédition de 1745 fut le dernier ef-fort national d’une population armée pour son indépen-dance, et digne, à ce titre, de sympathie. Avec elles’anéantit, sous le glaive du gouvernement anglais,l’antique organisation des Clans montagnards et insu-laires. Aujourd’hui, des routes militaires traversent, entous sens, ces rochers si longtemps inaccessibles ; sur
1 On en fit une des clauses du traité d’Aix-la-Chapelle.