-fO'l HISTOIRE
48 tait bornée à la retenir dans la neutralité !. 11 faut
affaiblir insensiblement les Hollandais, mais ne les dé-truire jamais; c’est une barrière contre les puissancesdu Nord.
« On parle de la facilité que nous avions de dé-truire, et l’on 11 e dit rien de celle où nous étionsd’être détruits. Ce qui m’a porté, Sire, à terminerle grand ouvrage de la paix, c’est le désordre desfinances, la dépopulation de l’État, et la disette dessubsistances..., etc. »
Ainsi s’éteignit une guerre qui avait d’abord parudevoir changer la face d’une grande partie de l’Europe,et qui n’amena aucun changement notable, si ce n’estpour quelques cantons du Milanais, Parme et la Sicile.Le rétablissement du Stathoudérat dans les Provinces-Unies fut, à proprement parler, la seule révolution decette époque. Nulle partie belligérante n’était devenueplus riche; presque toutes, beaucoup plus pauvres.L’Angleterre elle-même, si habile à exploiter et laguerre et la paix, dut se contenter de peu de bénéficesdirects. Le traité ne relatait pas même sa prétention denaviguer sur les mers du Sud de l’Amérique, sans avoirà subir la visite des Espagnols; prétention qui cepen-dant avait armé Londres contre Madrid 1 .
De tous les princes intéressés, un seul recueillit desolides avantages; un seul vit ses conquêtes non-seule-ment conservées, mais garanties 2 : ce fut Frédéric.
1 Flassan, Histoire de la diplomatie française.s Article 22 du traité.