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HISTOIRE
»o- extrême douleur, monsieur, écrivïét-iî à un méde-cin, que Sa Majesté la Reine est malade, et que samaladie pourrait devenir inquiétante et grave, si l’onn’y apportait un prompt remède. Je vous recommandeen conséquence de la voir sans délai, et de vous réu-nir avec les deux autres médecins de Berlin, aux lu-mières et à la sagesse desquels vous aurez le plus deconfiance, pour lui donner tous les secours qui peuventdépendre de votre art. Songez bien qu’il s’agit de lapersonne la plus chère et la plus nécessaire à l’État,aux pauvres et à moi. »
Durant le long règne de son époux, ce fut Élisabeth-Christine qui tint la véritable cour ; chez elle, aux jourset heures marqués, se rendaient les ministres, les géné-raux, le corps diplomatique, les courtisans : chez elleencore, avaient lieu les présentations d’étrangers^Exact à venir célébrer la fête de la Reine, c’était là leseul jour de l’année où Frédéric quittait ses grandeshottes, les remplaçant par des bas de soie noirs qui,faute de jarretières, tournaient en plis le long de sesjambes.
Lorsqu’il était à Berlin, le Roi paraissait aussi aucercle de la cour avec elle ; mais leur intimité n’allaitpas plus loin. Jamais la Reine ne fut invitée à venir àSans-Souci, ni à Postdam, où, chaque été pourtant,Frédéric invitait la famille royale. Élisabeth-Christinene connut donc point la demeure habituelle de sonépoux ; elle ne s’en plaignait pas; mais voici un fait quiprouve combien cette séparation la blessait.
Le duc Ferdinand de Brunswick étant arrivé à Berlin