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1750 -
1756
coup des opinions philosophiques du Roi, elle ne lesmodifia jamais, car la conscience dominait tout chezelle, et Frédéric les respecta toujours, touché de la to-lérance, de la modestie, de l’inépuisable charité'qui endécoulaient. Élisabeth-Christine fut la mère des pau-vres, comme sa cour l’asile de la vertu. Autour d’elle,tout respirait le calme, l’honnêteté 4 .
On regrette que Frédéric n’ait jamais goûté la vied’époux et de père : la solitude intérieure dans laquelleil passa sa vie, influa sur lui d’une manière fâcheuse ;une compagne chérie, des enfants élevés à la gloire parson exemple et sous ses yeux, eussent donné plus dedouceur à son caractère 1 2 , et mieux tempéré l’exercicedu pouvoir suprême.
Pour la troisième fois, les deux hommes les plus ex-traordinaires du dix-huitième siècle allaient se réunir.Après la mort de madame du Châtelet, Voltaire, nepouvant supporter le séjour de Lunéville, était revenuà Paris : là, il trouvait dans le travail des consolationsque n’avaient pu lui procurer les soins affectueux dubon roi Stanislas. Oreste 3 parut cette même année :
1 Cette vie si pure se prolongea jusqu’au 13 novembre 1797.
2 Dohm, Denkicürdigkeiten meiner Zeit, etc. « Faits mémorables(le mon temps, etc. »
3 « Éleclre amoureuse! disait Voltaire; c’est un monstre orné derubans sales. » On connaît ses vers au roi de Prusse, en lui envoyant(17 mars 1730) le manuscrit d ’Oreste :
Grand juge et grand faiseur de vers,
Lisez cette œuvre dramatique,
Ce croquis de la sctne antique,
Que des Grecs le pinceau tragiqueFit admirer de l’univers.