DE FRÉDÉRIC II.
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crains pas de vous l’avouer, vous nie rendrez un ser-vice essentiel. Combien vous soulagerez et ma tête etmon cœur ! Jamais je n’oublierai ce plaisir, et, toutema vie, mon cœur en gardera la plus vive reconnais-sance; à votre tour, vous pourrez tout attendre demon affection. »
« Hé bien ! répondit Voltaire, je vais chercher lemanuscrit de mon Docteur Akakin, et le remettre àVotre Majesté, Je vous ai toujours été trop dévoué,Sire, pour ne pas échanger, contre l’assurance de vosbontés, cette petite vengeance qui m’avait paru juste,modérée, et dès lors innocente ; ah ! daignez le croire,Sire, je saurais faire, avec plaisir, à Votre Majesté dessacrifices bien plus grands encore. — Allez donc, jevous attends ; de si nobles desseins veulent une prompteexécution.»
Voltaire revint bientôt, son manuscrit à la main.« Sire, s’écria-t-il en riant, voilà l’innocent qui doitpérir pour le peuple ! je vous le livre, ordonnez sonsupplice. — Ab! mon ami, est-il un sort plus cruelque le mien? Ordonner des supplices pour ce qu’ondevrait couronner de gloire! Eh bien! subissons aumoins notre destinée avec dignité. Soyons aussi justesque possible. En l’immolant, vengeons la victime. Li-sez : je sauverai ainsi ce que je pourrai; ce sera pourma mémoire un dépôt chéri, un précieux trésor. Lisez,et qu’à la flamme qui va consumer des pages si di-gnes d’un meilleur sort, survive ma légitime admira-tion. O Vulcain ! jamais on ne te fit un plus grand, unplus mémorable sacrifice! »
1750 -
1756
I.
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