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Tome I.
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4.Vl ÎIISTOIIÎE

Voltaire lut le conte entier. A chaque instant, les ap-plaudissements du monarque l’interrompaient. O11 écla-tait de rire, et, à la fin de chaque cahier, lorsqu’il fallaitle jeter au feu, nouvelle et bruyante explosion de re-grets. « O Vulcain !"dieu cruel et vorace, voilà ta proie. »Et, tandis que le cahier brûlait, tous deux simulaient,devant le foyer, des danses antiques et sacrées.

Telle fut la fin tragi-comique du Docteur Akakia.

Mais ce n’était qu’une mort en effigie. Frédéric ap-prend bientôt que Voltaire en fait imprimer une copiequ’il a gardée. Il suit, en silence, tous ses mouvements,et, dès que l’édition est prête, on la saisit.

S’il était difficile de tromper un prince aussi clair-voyant, le philosophe n’était pas moins rusé. A me-sure donc qu’on tirait les feuilles de son ouvrage, il enavait expédié quatre pour la Hollande. Furieux d’êtreainsi joué chez lui, Frédéric ordonne que le livre soitbrûlé par le bourreau, en plein jour, sur la place desGendarmes.

Voltaire, qui se trouvait chez M. de Francheville ence moment, se mit à la fenêtre, en criant de toutes sesforces : « Ah! voyez-vous l’esprit de Maupertuis quis’en va tout entier en fumée! Oh! quelle fumée noire et

épaisse!. .Mais combien de bois perdu!. Et

ces quatre pauvres petits déserteurs qui courent laposte, et se sauvent en Hollande ! »

Durant le long règne de Frédéric, ce fut le seul auto -da-fé. Le choix de la victime est assez piquant.

En brouillant le monarque et son favori, une tellescène dédommagea Maupertuis de bien des tribulations.