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Tome I.
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DK FRÉDÉRIC II.

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Il restait pourtant une consolation à Voltaire ; c’est que ns»-

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tous les rieurs étaient (le son côté : mais, du côté deFrédéric, se trouvaient la justice, la bonne foi.

Cependant, plus le drame se compliquait, plus laposition des deux principaux acteurs devenait embar-rassante. Se quitter eût sans doute été le parti le plussage; mais comment en venir là sans scandale, sansappeler sur soi les regards de toute l’Europe, les bro-cards d’une foule d’envieux? Ces réflexions frappaientégalement l’esprit du prince et celui de son chambellan ;tous deux se déterminèrent donc à attendre du tempsseul la solution du problème. Retranchés, l’un sur letrône, l’autre dans sa fière indépendance, ils ne sevoyaient que rarement; Voltaire ne se présentait mêmeplus à la cour sans une invitation formelle. A l’enjoue-ment de leurs aimables entretiens avaient succédél’humeur, la défiance; on se disait des choses fort dures,on s’écrivait des reproches. Bien qu’armé d’un pouvoirsans bornes, Frédéric s’honorait du moins en ne com-battant qu’avec des armes de même trempe.

Ce fut dans l’un de ces moments, et au plus fort dela querelle, qu’il envoya, par son premier page, à Vol-taire, qui logeait au-dessous de lui, au rez-de-chaussée,un billet rempli d’amertume, et se terminant par cettephrase : « Vous avez le cœur cent fois plus affreux en-core que votre esprit n’est beau. »

On ne saurait se figurer en quelle fureur ce billet jetala philosophie de Voltaire. Dans l’excès de son emporte-ment, il n’y eut point d’épithètes odieuses qu’il ne pro-diguât au Roi, point de reproches graves qu’il ne lui