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Tome I.
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PIÈCES

le pape Clément XI s'efforça d’armer tous les princes contre l’usurpa-tion du marquis de Brandebourg. « Etsi nobis persuasum sit, mandait-il au roi de France, dans son bref du 16 avril 1701, Majestatem Tuamnullo modo probare consilium, deterrimo in christiana republica exem-pte, a Friderico marchione Brandeburgiensi susceptum, dum regium

nomen publiée usurpare prœsumpsit ,_ factum hujusmodi apostolica-

rum sanctionum dispositioni contrarium , et hujus sanctœ sedis aucto-ritati injuriosum ex quo scilicet sacra regalis dignitas ab homineacatholico, non sine Epclesiœ contemptu, assumitur; et quidem marchiose regem dicere non dubitat ejus partis Prussiœ quœ ad militaremTeutonicorum Ordinem aptiquo jure pertinet ; nos rem silentio prœte-rire nonpossumus, ne muneri nostro deesse videamur.... Expetimus , nevidelicet regios honores illi tiubuas qui illorum numéro nimis incautese junxit, quos increpat simul et reprobat sermo ille divinus : Ipsi re-gnaverunt , et non ex me; principes exsliterunt, et non cognovi.... »

Interrogez-vous les Orationes consister. Clementis XI? vous enten-dez ce pontife, rendant compte de cet événement au collège des cardi-naux, dire «que le margrave Frédéric s’est arrogé le titre de Roi d’unemanière impie et jusqu’à présent inouïe chez des Chrétiens, étant asseznotoire qu’aux termes des lois pontificales, un prince hérétique devaitbien plutôt perdre ses anciennes dignités qu’en acquérir une nouvelle.»

Durant toute sa vie, le grand Frédéric ne fut, sur l’almanach ponti-fical, que le marquis de Brandebourg, et le prince Henri, que le frèredu marquis. (Voyez Charles Villers, Essai sur l’esprit et l'influence dela réformation de Luther.)

« On trouve dans les Archives un mémoire raisonné qu’on attri-bue au P. Vota, jésuite; il roule sur le choix des titres de roi des Van-dales ou de roi de Prusse, et sur les avantages que la Maison de Bran-debourg retirera de sa royauté : op crut même que c’était ce jésuitequi avait inspiré à Frédéric III l’idée de cette nouvelle dignité. On s’a-buse d’autant plus que sa société ne pouvait prendre aucun intérêt àl’agrandissement d’un prince protestant. Il est plus naturel de croireque l’élévation du prince d’Orange et les espérances d’Auguste de Saxeavaient donné de la jalousie h Frédéric III, et excité en lui l’émulationde se placer sur un trône, a leur exemple : on se trompe toujours sil’on cherche hors des passions et du cœur humain les principes desactions des hommes.