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Tome I.
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JUSTIFICATIVES.

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a Cf projet triait si difficile dans son exécution, qu’il parut chimé-rique au conseil de l’Électeur. Ses ministres Danckelmann et Fuehs serécriaient sur la frivolité de l’objet, sur les obstacles insurmontablesqu’ils prévoyaient à le faire réussir, sur le peu d’utilité qu’on devaits’en promettre, et sur la pesanteur du fardeau dont on se chargeaitpar une dignité onéreuse à soutenir, qui, dans le fond, ne rapporteraitque de vains honneurs : mais toutes ces raisons ne purent rien surl’esprit d’un prince amoureux de ses idées, jaloux de ses voisins, etavide de grandeur et de magnificence.

« Danckelmann data sa disgrâce de ce jour ; il fut envoyé à Spandavvdans la suite du temps, pour avoir montré la vérité avec trop peu d’a-doucissement à une cour corrompue par la flatterie, et contredit unprince vain dans les projets de sa grandeur. Heureux sont les princesdont les oreilles moins délicates aiment la vérité, lors même qu’elleest prodiguée par des bouches indiscrètes ! mais c’est un effort devertu dont peu d’hommes sont capables.

« A la faveur de Danckelmann succéda un jeune courtisan, qui n’a-vait de mérite qu’une connaissance parfaite des goûts de son maître ;c’était le baron de Colbe, depuis comte de AVartemberg. Sans avoir cesqualités brillantes qui enlèvent les suffrages, il possédait l’art de lacour, qui est celui de l’assiduité, de la flatterie, et en un mot de labassesse : il entra aveuglément dans les vues de son maître, persuadéque servir ses passions, c’était affermir sa fortune particulière. » (Fré-déric, Mémoires pour servir à l'histoire de la Maison de Brandebourg.)

(H) Voici ce qu’on lit relativement à ce jugement dans les Archives. patriotiques de Moser, tome II, pages 161 et suiv.

« Il serait h souhaiter que, pour l’honneur de l’humanité et des juges,on rendît public le rapport adressé au lloi sur celte affaire par lesmembres de la commission. Quant k présent nous savons seulementqu’ils condamnèrent le jeune homme aux galères (Festungs bau). Maiscelte décision ne contenta pas la fureur du Roi, qui, sentant que deKatt lui survivrait et se verrait ensuite amplement récompensé de sessouffrances, changea ainsi l’arrêt :

« Sentence du lieutenant de Katt.

« Sur le procès du lieutenant de Katt, un conseil de guerre, nommé