PIÈCES
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« par le Roi, l’a condamné aux galères, quoiqu’il soit ronfessus et con-« victus, coupable de son propre aveu. Sa Majesté ne conçoit pas com-« ment on a puporler une sentence si extrêmement douce pour un crime« si terrible , et elle voit par là qu’elle a peu de fonds à faire à l’ave-« nir sur la fidélité 1 de ses officiers et de ses conseillers. Sa Majesté« a aussi fait ses classes et appris le proverbe : Fiat justitia, et pereat« mundus! Mais, afin que personne n’ait à l’avenir une audace pa-« reille, et qu’il ne puisse pas dire que, puisque celui-ci en a été quitte« pour si peu, il en devrait être de même pour lui, Sa Majesté se trouve« obligée de prononcer elle-même la sentence, et de faire un exemple« de justice. Et, quoiqu’un pareil criminel de lèse-majesté, comme« celui-ci, étant surtout des officiers de l’armée, qui devraient tous« être fidèles à Sa Majesté, et en particulier du corps des gendarmes,« auquel la garde de la vie de Sa Majesté et de la famille royale est« confiée, n’eût que ce qu’il mérite, si on le faisait tenailler avec des« tenailles ardentes, et ensuite pendre ; Sa Majesté a mitigé une pa-in reille sentence, par égard pour sa famille, et prononcé de droit qu’il« sera décapité. Berlin, le deux novembre mil sept cent trente.
« Frédkric-Gi iu.aime. »
(Jj Première lettre du Roi à Millier :
« Révérend amé et féal,
« Je ne vous connais point, mais on m’a dit beaucoup de bien devous. On m’a assuré que vous étiez un ecclésiastique pieux, honnête,et un bon ministre de la parole de Dieu. Comme donc vous allez iiKustrin, à l’occasion de l’exécution du lieutenant de Katt, je vous or-donne, après cette exécution, d’aller trouver le prince royal, de rai-sonner avec lui, et de lui représenter que quiconque abandonne Dieuest aussi abandonné de Dieu; et que, lorsque Dieu a abandonné unhomme et lui a retiré sa grâce, cet homme est incapable de faire le bienet ne peut plus faire que le mal. Vous l’exhorterez a rentrer en lui-même, et à demander pardon â Dieu des grands péchés qu’il a commiset dans lesquels il en a entraîné d’autres, un desquels vient d’être puni
i Tous les despotes nomment fidélité l’obéissance aveugle à leurs passions.
(Note du rédacteur allemand.)