LOGISTIQUE.
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Tellement placer les télégraphes. Ce fut à l’idée qu’il eut , d’établirune ligne télégraphique entre son quartier général et la France,que Napoléon fut redevable de ses étonnants succès de Ratisbonneen 1809. Il se trouvait encore à Paris quand l’armée autrichiennefranchit l’Inn vers Braunau, pour envahir la Bavière et percer sescantonnements. Instruit en 2-4 heures de ce qui se passait à 280lieues de lui, il se jette aussitôt en voiture et huit jours après il étaitvainqueur dans deux batailles sous les murs de Ratisbonne : sansle télégraphe la campagne était perdue : ce trait suffit pour enapprécier l'importance.
On a imaginé aussi de se servir de télégraphes portatifs , et à maconnaissance, la première idée en appartient à un marchand russequi l’avait apportée de la Chine. Ces télégraphes, manœuvres pardes hommes à cheval postés sur des hauteurs, semblaient pouvoirporter en quelques minutes les ordres, du centre aux extrémitésd’une ligne de bataille , ainsi, que les rapports des ailes au quar-tier général. Des essais répétés eurent lieu, mais le projet fut aban-donné sans que j’aie pu en savoir les raisons. Ces communicationsne pouvaient être à la vérité que fort brèves, et les temps nébuleuxpouvaient les rendre quelquefois incertaines : cependant commele vocabulaire de pareils rapports pourrait se réduire à une ving-taine de phrases, pour lesquelles il serait facile d’avoir des signes deconvention , je crois que le moyen ne serait pas à dédaigner, lorsmôme qu’on devrait envoyer le duplicata des transmissions, par desofficiers capables de bien rendre des ordres verbaux. On y gagneraittoujours la rapidité.
Un essai d’une autre nature fut tenté en 179-4 à la bataille deFleurus, où le général Jourdan se servit d'un aérostat pour recon-naitre et signaler les mouvements des Autrichiens. Je ne sais s’ileut lieu de s’applaudir de cet essai, qui ne fut plus renouvelé,bien qu’on ait prétendu dans le temps qu’il avait concouru à lavictoire, ce dont je doute fort. Il est probable que la difficultéd’avoir un aérostat tout prêt à faire son ascension au moment oùcela serait opportun , celle de bien observer ce qui se passe ici-bas,quand on est ainsi aventuré dans les airs ÿ et l’instabilité des vents ,ont pu faire renoncer à ce moyen. En maintenant le ballon à uneélévation peu considérable, en y plaçant un officier capable dejuger les mouvements de l’ennemi , et en perfectionnant le petitnombre de signaux qu’il faudrait en attendre , il est des circon-