Buch 
Précis de l'art de la guerre ou nouveau tableau analytique des principales combinaisons de la stratégie, de la grande tactique et de la politique militaire / par le Baron de Jomini
Entstehung
Seite
299
JPEG-Download
 

LOGISTIQUE.

299

Tellement placer les télégraphes. Ce fut à lidée quil eut , détablirune ligne télégraphique entre son quartier général et la France,que Napoléon fut redevable de ses étonnants succès de Ratisbonneen 1809. Il se trouvait encore à Paris quand larmée autrichiennefranchit lInn vers Braunau, pour envahir la Bavière et percer sescantonnements. Instruit en 2-4 heures de ce qui se passait à 280lieues de lui, il se jette aussitôt en voiture et huit jours après il étaitvainqueur dans deux batailles sous les murs de Ratisbonne : sansle télégraphe la campagne était perdue : ce trait suffit pour enapprécier l'importance.

On a imaginé aussi de se servir de télégraphes portatifs , et à maconnaissance, la première idée en appartient à un marchand russequi lavait apportée de la Chine. Ces télégraphes, manœuvres pardes hommes à cheval postés sur des hauteurs, semblaient pouvoirporter en quelques minutes les ordres, du centre aux extrémitésdune ligne de bataille , ainsi, que les rapports des ailes au quar-tier général. Des essais répétés eurent lieu, mais le projet fut aban-donné sans que jaie pu en savoir les raisons. Ces communicationsne pouvaient être à la vérité que fort brèves, et les temps nébuleuxpouvaient les rendre quelquefois incertaines : cependant commele vocabulaire de pareils rapports pourrait se réduire à une ving-taine de phrases, pour lesquelles il serait facile davoir des signes deconvention , je crois que le moyen ne serait pas à dédaigner, lorsmôme quon devrait envoyer le duplicata des transmissions, par desofficiers capables de bien rendre des ordres verbaux. On y gagneraittoujours la rapidité.

Un essai dune autre nature fut tenté en 179-4 à la bataille deFleurus, le général Jourdan se servit d'un aérostat pour recon-naitre et signaler les mouvements des Autrichiens. Je ne sais sileut lieu de sapplaudir de cet essai, qui ne fut plus renouvelé,bien quon ait prétendu dans le temps quil avait concouru à lavictoire, ce dont je doute fort. Il est probable que la difficultédavoir un aérostat tout prêt à faire son ascension au momentcela serait opportun , celle de bien observer ce qui se passe ici-bas,quand on est ainsi aventuré dans les airs ÿ et linstabilité des vents ,ont pu faire renoncer à ce moyen. En maintenant le ballon à uneélévation peu considérable, en y plaçant un officier capable dejuger les mouvements de lennemi , et en perfectionnant le petitnombre de signaux quil faudrait en attendre , il est des circon-