Buch 
Précis de l'art de la guerre ou nouveau tableau analytique des principales combinaisons de la stratégie, de la grande tactique et de la politique militaire / par le Baron de Jomini
Entstehung
Seite
310
JPEG-Download
 

510

CHAPITRE VU.

ce moyen plus dunité dans les ordres de mouvements de létat-major , plus de facilité pour les expéditions journalières , et cepen-dant pas assez de régularité pour que lennemi sût toujours préci-sément à qui il aurait à faire. Mais je maperçois du reste que jemengage trop loin dans une arène je ne devais pas même entrer.Cest aux gouvernements à décider ces questions qui méritent unmûr examen , et doivent faire lobjet dune instruction pour létat-major : instruction néanmoins qui ne saurait imposer des chaînesabsolues au généralissime, lequel doit toujours pouvoir régler ladistribution de ses forces selon ses vues particulières et létenduedes entreprises quil formerait.

En définitive, quels que soient la force et le nombre des subdivi-sions ou fractions de larmée, lorganisation par corps darméerestera probablement longtemps comme type normal chez toutesles grandes puissances continentales , et cest daprès cette véritéque la ligne de bataille doit être calculée.

Si la répartition des troupes y est différente dautrefois, la lignede bataille en elle-même a subi aussi quelques changements quirésultent des réserves et de la cavalerie légère attachée aux diverscorps dinfanterie. Jadis elle se composait ordinairement de deuxlignes , aujourdhui elle est composée de deux lignes avec une onplusieurs réserves. Mais dans les derniers temps les masses euro-péennes qui se sont choquées étaient devenues si considérables ,que les corps darmée, formés eux-mêmes sur deux lignes , se trou-vant souvent placés l'un derrière lautre , formaient ainsi quatrelignes ; et les corps de réserve étant formés aussi de même , il enrésultait fréquemment jusquà six lignes dinfanterie et plusieurs decavalerie, formation , bonne peut-être pour une position prépara-toire, mais qui est trop profonde pour le combat.

Quoi quil en soit, la formation classique , si lon peut lui donnerce nom , est encore à l'heure quil est, pour linfanterie , celle surdeux lignes : létendue plus ou moins rétrécie du champ de bataille ,et la force des armées pourront bien motiver quelquefois une for-mation plus profonde, mais ce sera toujours à titre dexception oupour un coup de collier seulement, car lordre sur deux lignesoutre les réserves, paraissant suffire pour la solidité , et donnantplus de forces combattant à la fois, semble bien aussi le plus con-venable.

Lorsque larmée possède un corps permanent davant-garde, eo