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CHAPITRE VII.
Outre ces lignes de colonnes, il y a encore trois autres moyensd’aller à l’attaque en ordre demi-profond.
Le 1 er est celui des lignes mélangées de bataillons déployés et debataillons en colonnes sur les ailes de ceux déployés , dont nousavons parlé page §17. Les bataillons déployés et les premières di-visions de ceux en colonne feraient feu à demi-distance de mous-quet, et se jetteraient ensuite sur l’ennemi.
Le 2 me est de s’avancer avec la ligne déployée, et en faisant feu,jusqu’à la demi-distance de inousqueterie, puis en lançant des co-lonnes de la seconde ligne à travers les intervalles de la première.
Le 3 me est l’ordre échelonné mentionné à la page 226, et à la li-gure 11 de la planche 2.
Enfin le dernier moyen est de s’avancer entièrement en ordre dé-ployé, par le seul ascendant du feu , jusqu’à ce que l’un des deuxpartis tourne le dos, ce qui parait presque impraticable.
Je ne saurais affirmer lequel de ces modes serait le plus conve-nable, car en campagne je n’ai rien vu de pareil. En effet à la guerreje n’ai jamais vu autre chose, dans les combats d’infanterie, que desbataillons déployés à l’avance, qui commençaient par des feux depelotons, puis engageaient peu à peu un feu de file; ou bien descolonnes marchant fièrement à l’ennemi, lequel s’en allait sans at-tendre le choc, ou qui repoussait ces colonnes avant l’abordageréel, soit par sa ferme contenance, soit par son feu, soit enfin enprenant l’offensive lui-même pour aller à leur rencontre Ce n’estguère que dans les villages, dans les défilés, que j’ai vu des mêléesréelles d’infanterie en colonnes, dont les têtes se choquaient à labaïonnette; en position de bataille je n’ai jamais rien vu de sem-blable.
Quoi qu’il en soit de ces controverses, on ne saurait trop le re-dire, il serait absurde de rejeter les feux de inousqueterie, commede renoncer aux colonnes demi-profondes ; et ce serait perdre unearmée que de vouloir lui imposer un système absolu de tactiquepour toutes les contrées, et contre toutes les nations indistincte-ment. C’est moins le mode de formation que l’emploi bien combinédes différentes armes qui donnera la victoire : j’en excepte néan-
■ J’ai bien vu aussi de grands combats où la moitié de l’infanterie était engagée parpelotons de tirailleurs; mais cela rentre dans la catégorie des bataillons engagés dans imfou de file irrégulier.