FORMATION POUR LE COMBAT.
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sions parlent, la raison et le jugement sommeillent. Du reste j’aidéjà observé, dans la notice qui précède cet ouvrage, que ce n’était ■pas dans des livres sérieux qu’un militaire doit répondre à des per-sonnalités, surtout après les avoir ignorées pendant six ans.
ART. XLVI. DR l’eUPIOI DÉ l’aRTILLERIE.
L’artillerie est à la fois une arme offensive et défensive égalementredoutable.
Comme moyen offensif, une grande batterie bien employéeécrase une ligne ennemie, l’ébranle, et facilite, aux troupes qui l’at-taquent , les moyens de l’enfoncer. Comme arme défensive, il fautreconnaître qu’elle double la force d’une position, non-seulementpar le mal qu’elle fait à l’ennemi de loin, et par l’effet moral qu’elleproduit à une longue distance sur les troupes qui marchent à l’at-taque, mais encore par la défense locale qu’elle fera sur la positionmême, et à portée de mitraille. Elle n’est pas moins importante pourl’attaque et la défense des places ou des camps retranchés, carelle est l’àme de la fortification moderne.
Nous avons dit quelques mots sur sa répartition dans la ligne debataille, mais nous sommes plus embarrassé de dire la manièredont on doit la faire agir dans le combat. Ici les chances se multi-plient tellement , à raison des circonstances particulières de l’af-faire, du terrain et des mouvements de l’ennemi, qu’on ne peut pasdire que l’artillerie ait une action indépendante de celle des autresarmes. Cependant, on a vu à Wagram Napoléon jeter une batteriede 100 pièces dans la trouée occasionnée à sa ligne par le départdu corps de Masséna , et contenir ainsi tout l’effort du centre desAutrichiens; mais il serait bien difficile d’ériger en maxime un pa-reil emploi de l’artillerie.
Nous nous bornerons donc à présenter ici quelques données fon-damentales, en observant quelles sont basées sur l’état de cettearme tel qu’il existait dans les dernières guerres ; l’emploi des nou-velles découvertes n’étant pas encore bien déterminé ne sauraittrouver place ici.
1° Dans l’offensive, on doit réunir une certaine masse d’artil-lerie sur le point où l’on se prépare à porter les grands coups ; on
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