Buch 
Précis de l'art de la guerre ou nouveau tableau analytique des principales combinaisons de la stratégie, de la grande tactique et de la politique militaire / par le Baron de Jomini
Entstehung
Seite
372
JPEG-Download
 

372

SUPPLÉMENT.

Lexpédition dAnvers, exécutée la même année, fut la plus con-sidérable que lAngleterre ait entreprise depuis Henri V. Elle necomptait pas moins de 70 mille hommes, dont 40 mille de troupesde terre et 80 mille marins : elle natteignit point son but par le peude génie de celui qui la commandait.

Une descente dune nature tout à fait semblable à celle du roi deSuède Charles X, fut celle de 80 bataillons russes passant, en 8 co-lonnes, le golfe de Bothnie sur la glace , avec leur artillerie, pouraller conquérir les iles dAland et semer la terreur jusquaux portesde Stockholm, tandis quune autre division passait le golfe à Umeo(mars 1809).

Le général Murray fit en 1813 une descente bien combinée versTarragone pour couper Suchet de Valence ; toutefois , après quel-ques succès, il dut se rembarquer.

Larmement que lAngleterre fit en 1815 contre Napoléon, re-venu de lîle dElbe, fut remarquable par limmense matériel quildébarqua à Ostende et Anvers. Les troupes montaient aussi à 60 milleAnglo-Hanovriens ; mais les uns venaient par terre , et les autresdébarquaient chez une puissance alliée, en sorte que ce fut untransport successif et pacifique plutôt quune expédition militaire.

Enfin, les Anglais firent, dans la même année 1815, une entre-prise qui peut être rangée parmi les plus extraordinaires; nousvoulons parler de celle contre la capitale des Etats-Unis dAméri-que. On vit, au grand étonnement du monde, une poignée de 7 à 8mille Anglais, descendre au milieu dun État de 10 millions dâmes,pénétrer assez avant pour semparer de la capitale, et y détruiretous les établissements publics : résultats dont on chercherait vai-nement un autre exemple dans lhistoire. On serait tenté den accu-ser lesprit républicain et anti-militaire des habitants de ces pro-vinces, si lon navait pas vu les milices de la Grèce, de Rome oude la Suisse, défendre mieux leurs foyers contre des agressionsbien plus puissantes ; et si, dans cette même année, une expéditionanglaise, plus nombreuse que lautre, navait été totalement défaitepar les milices de la Louisiane sous les ordres du général Jackson.

Excepté les armements peut-être un peu fabuleux de Xercès etdes croisades, rien de tout ce qui sest fait, principalement depuisque les flottes de guerre portent une artillerie formidable , ne peutsoutenir la moindre comparaison avec le projet colossal et les pré-paratifs proportionnés que Napoléon avait faits pour jeter 150 raille