DE d’air atmosphérique. 5
augmente la proportion dans les couches inférieures ; la quantité estplus forte en été qu’en hiver, en raison de la puissance de la végéta-tion. Le maximum a lieu vers la fin de la nuit, quand les végétauxcessent d’en émettre; et le minimum au milieu du jour, qui est l’ins-tant où le pouvoir absorbant est le plus considérable : le rapport estd’environ l et Dans une prairie, à Genève, le maximum s’est élevé à0 , 000572 , le minimum à 0,000306 ( 1 ). Bien que l’intervention delàlumière soit ici puissante, il est probable que ce n’est pas la seule causedes différences que nous venons d’indiquer.
Les dosages d’acide carbonique présentent des difficultés quand l’airest conservé dans des tubes de verre, parce que l’acide réagit sur lessels alcalins qui sont contenus dans le verre; on se trouve forcé par làd’opérer sur des volumes de gaz pris à l’instant même.
M. de Saussure a émis l’opinion que la végétation acquiert une nou-velle activité par un accroissement de 8 pour 100 d’acide carboniquedans l’air. (.Annales des sciences naturelles , 1828 , t. XV, p. 225et suiv.) Avec une semblable proportion de gaz acide carbonique, la vieanimale serait anéantie, tandis que la vie végétale serait des pluspuissantes ; c’est ce qui a eu lieu très-probablement à l’époque houil-lère, comme l’a supposé M. Adolphe Brongniart, pour expliquer laformation de ces grands dépôts de houille, composés de débris degrandes fougères, de cycadées, de conifères, etc.
Pour se faire une idée de la quantité de carbone fixée dans lesplantes par la végétation, il suffit de dire que M. Chevandier a trouvéqu’un hectare de forêt produit annuellement 1750 liilog. de carbonefixé dans le bois ( 2 ). M. Liébig porte le chiffre à 2000 kilogrammes.
Indépendamment de l’oxygène, de l’azote, du gaz acide carbo-nique, de la vapeur d’eau et de quantités presque toujours impondé-rables de gaz provenant de la décomposition des matières animales etvégétales, l’air contient en outre, mais accidentellement, des nitratesdus à la saturation de bases qui se trouvent dans l’air par l’acide ni-trique produit dans les temps d’orage, et qui se forme peut-être aussicontinuellement sous l’influence de l’électricité atmosphérique; il ren-ferme aussi de l’acide nitrique libre, quelquefois des sels ammonia-caux, des chlorures, des iodures et d’autres composés, tels que lemucus, la résine, et enfin des miasmes dont la nature est inconnue,composés qui arrivent sur le sol par l’intermédiaire des eaux plu-viales.
(1) Bibliothèque universelle de Genève, t. XLIV, p. 23 et suiv.
(2) Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XVIII, p. 113: