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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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DE l’AIR ATMOSPHÉRIQUE.

bant plus grand pour l’oxygène que pour l’azote. Lorsque l’eau nerenferme que de gaz au lieu de ^, elle est peu favorable à la vé-gétation.

Enfin, les eaux stagnantes dans les terrains marécageux laissentdégager des matières gazeuses insaisissables, appelées miasmes, qui semêlent à l’air et affectent plus ou moins profondément la santé del’homme, en produisant, suivant les latitudes, des fièvres intermittentesou pernicieuses, la fièvre jaune, la peste, le choléra.

Les vents, en transportant ces miasmes, propagent dans l’intérieurdes terres les maladies qu’ils engendrent. Dans les marais Pontins, leurinfluence se fait sentir encore à une hauteur de 2 à 300 mètres, et auMexique, jusqu’à 900 mètres (t).

On a remarqué que l’air humide qui renferme des miasmes, s’endépouille en traversant une forêt. M. Rigaud de Lille ( 2 ) a observédes positions, en Italie, où l’interposition d’un rideau d’arbres préser-vait tout ce qui était derrière lui, tandis que la partie découverte étaitexposée aux fièvres.

Dans l’air sec (3), les miasmes paraissent s’y trouver en dose si mini-me, qu’ils ne produisent aucun effet fâcheux sur les êtres vivants. Iln’en est pas de même dans un air refroidi par le rayonnement du soiret de la nuit; l’humidité qui se précipite alors dans les parties bassesles transporte avec elle en les concentrant, et quand cette rosée se dis-sipe au soleil levant, elle entraîne avec elle ces mêmes miasmes dansson mouvement ascensionnel. Ces miasmes pénètrent dans l’organisa-tion lors de la respiration et par les pores, et exposent à des dan-gers quelquefois très-grands les personnes qui éprouvent, dans un paysoù ils s’exhalent, les alternatives de précipitation et de vaporisation del’humidité atmosphérique. Ainsi s’expliquent les effets fâcheux desvapeurs du matin et du soir qui causent des fièvres intermittentes.

Les terrains qui ont été longtemps submergés émettent pendant ungrand nombre d’années des miasmes. Les terres neuves, cultivées pourla première fois, produisent également des effets délétères; on peut citercomme exemple de ces émanations les funestes effets qu’ont éprouvésles pionniers américains.

Dans les régions tropicales, où la végétation a tant de puissance, l’é-vaporation entraîne avec elle tellement de miasmes, que l’air n’est purque sur les hauteurs, dans les terrains secs et sans végétation et où

(1) De Humboldt , Essai sur le Mexique, t. IV, p. 524, in-8.

( 2 ) Recherches sur le mauvais air.

(3) M. de Gasparin, Cours d’agriculture , t. II, p. 38.