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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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DES SOLS.

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décomposées sous les influences atmosphériques ; il y en a cependantqui résistent à la décomposition : telles sont la plupart de celles desvolcants éteints de l’Auvergne et du Vivarais.

Les laves du Vésuve se décomposent, au contraire, rapidement, etfournissent un sol extrêmement fertile. Cette différence tient à lacomposition des laves. En Auvergne, les laves pyroxéniques se dé-composent plus promptement que celles à base de labrador.jj

Pendant que ces roches se décomposaient dans les temps primitifs,il surgissait de l’intérieur des sources d’eaux thermales, chargées decarbonate de chaux qui ont concouru à la formation de ces grandesmasses de calcaire qu’on trouve dans les terrains anciens, et qui alter-nent avec des dépôts de sable et d’argile, provenant de la décompo-sition des roches ignées. Ces calcaires, exposés aux influences atmosphé-riques et aux eaux pluviales, fournissaient du carbonate de chaux auxdifférents sols qui n’en renfermaient auparavant que de petites quan-tités.

Voilà bien comment les sols ont été constitués sous le rapport deleurs éléments inorganiques ; mais cela ne suffisait pas pour que la Vé-gétation pût s’y développer et prospérer : il leur fallait encore des dé-tritus de matière organique ou des principes ammoniacaux ou azotés ;ces derniers pouvaient être formés par des décharges électriques dansl’air. Quant à la matière organique, elle ne pouvait être fournie quepar les corps organisés. Mais comment la vie a-t-elle paru sur la terre ?La science reste muette à cette question; car si toutes les substances quicomposent la terre et si les corps organisés qui se trouvent à sa surfacevenaient à être décomposés par l’effet d’un grand cataclysme, tel qu’ungrand excès de chaleur, et qu’il y eût ensuite un refroidissement gra-duel, les composés inorganiques se reformeraient en vertu des affinités,tandis quenous ne voyons pas comment les germes des animaux et desvégétaux pourraient reparaître. Il faut donc admettre l’existence d’unepuissance créatrice qui s’est manifestée à certaines époques, et qui n’a-git plus aujourd’hui que pour perpétuer les espèces actuellement vi-vantes, mais non pour en former de nouvelles. Bornons-nous donc àdécrire ce qui se passe quand la végétation envahi t un terrain, alorsque des germes y sont apportés par une cause inconnue.

Lorsque la végétation, se développe dans des dépôts formés de cail-loux, de sable et d’argile, on aperçoit d’abord des plantes qui prennentpeu au sol, beaucoup à l’air, et qui n’exigent que des points d’appui.Sous les basses latitudes, ce sont des cactus et autres plantes grasses,des mimosas, etc. Dans nos climats, des lichens, des mousses, des fou-