CHAPITRE II.
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gères, etc., et sur les roches calcaires, des labiées, telles que le thym, lalavande, etc., dont les débris s’accumulant d’année en année finissentpar former un terrain éminemment propre au développement desplantes.
A l’époque où une grande partie de la surface terrestre était sous leseaux, chargées alors de beaucoup de matières salines, la végétation con-sistait seulement en plantes marines. La mer offre, en effet, aux végé-taux tous les éléments dont ils ont besoin pour leur développement :de l’oxygène, de l’acide carbonique, des composés ammoniacaux, desphosphates, des carbonates alcalins ; tandis que la terre exige en outrele concours de l’atmosphère, l’une fournissant à l’autre les élémentsqui lui manquent. Un rocher vient-il au jour du fond de la mer,par l’action des forces volcaniques, sa surface ne tarde pas à serecouvrir successivement de couches minces de lichens, de mousses,de graminées, de plantes herbacées, et quelquefois d’arbustes etd’arbres.
Les sols définitivement constitués renferment, 1° comme principesinorganiques : de la silice dans différents états ; de l’alumine à l’étatd’argile, c’est-à-dire, la plupart du temps, en combinaison avec lasilice, de la chaux, de la magnésie, de la potasse ou de la soude, desoxydes de fer ou de manganèse ; de l’acide phosphorique, de l’acidesulfurique et de l’acide carbonique, etc. Ces éléments se trouvent enproportions extrêmement variables, qui constituent autant de sols dif-férents. 2° Comme principes organiques nutritifs : des débris de matiè-res animales et végétales, qui, en se décomposant sous l’infiuence desagents atmosphériques, perdent peu à peu leur carbone, en donnantnaissance à plusieurs composés concourant à la formation de l’humusou terreau.
Le fer s’y trouve ordinairement à l’état de peroxyde, et dans cet étatiln’est pas soluble dans l’eau, même lorsqu’elle estchargée de gaz acidecarbonique, à moins qu’il ne s’y trouve des matières organiques,ou qu’il ne soit en contact avec des débris de racines ou des engraisorganiques avides d’oxygène. 11 s’opère, dans ce cas, une réaction telleque le peroxyde passe à l’état de protoxyde, lequel se combine avec legaz acide carbonique et forme du carbonate de fer soluble dans l’eauchargée du même acide, par l’intermédiaire de laquelle il est transportédans les tissus des végétaux. On peut se convaincre de cet effet, enexaminant ce qui se passe dans un sol argileux légèrement coloré parle fer ; quand on suit le trajet des racines qui le traversent, on voitl’argile se décolorer partout où les racines ont pénétré ; preuve que la