DES SOLS.
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2° Terrains diluviens , autrement dits diluvium. — Ces terrains,qui sont la base des terres arables, doivent leur formation à degrandes débâcles qui ont couvert des étendues plus ou moins con-sidérables de terrain. Leur composition est également très-varia-ble, en raison des proportions d’argile et de quartz, en grains plusou moins fins, ou en morceaux plus ou moins gros ; tantôt le terrainest purement siliceux, tantôt simplement argileux, et le plus souventil est composé d’un mélange en diverses proportions d’argile et dequartz. Nous donnerons un exemple de ce diluvium. ( Cours d'a-griculture de M. de Gasparin, t. I, p. 212 . ) Dans l’axe et à l’em-bouchure delà vallée du Rhône,qui va du nord au midi, le diluviumest caractérisé par une énorme quantité de cailloux roulés que l’ontrouveparfois dans des localités assez élevées (160 mètres au-dessus duRhône, sur le plateau de Yilleneuve-d’Avignon). Il repose aussi sur unpoudingue et un lit de marne. C’est ce diluvium qui constitue enpartie les terrains appelés oraux , et dont celui d’Arles est le plus cé-lèbre. Dans le Midi, là où la couche de terre est peu épaisse, ce ter-rain ne sert qu’au pâturage; mais, là où elle est profonde, il y ad’excellents vignobles (Saint-Gilles) et des plantations de mûriers ;enfin, quand les cailloux sont peu nombreux, on trouve de beaux ter-rains de sainfoin.
3° Terrains d’alluvion. — Ils doivent leur origine aux dépôts deseaux actuelles, qui transportent avec elles les substances minérales etdes corps organisés ou leurs débris enlevés aux terrains sur lesquelsils coulent. Ils sont formés d’abord, dans la partie inférieure, de sa-ble, puis d’un mélange de sable lin, d’argile, de calcaire et de détri-tus de matières organiques. On les trouve, soit au fond des cours d’eau,soit sur leurs bords, où ils ont été déposés lors des crues. Ce sol s’ex-hausse par la superposition des couches successives, dont la naturesouvent n’est pas la môme.
4° Terrains d’atterrissements. — On désigne ainsi les terrains for-més sur les côtes par les substances qu’y déposent les flots et les cou-rants marins , substances enlevées par les eaux de la mer aux rocheset côtes en saillies plus ou moins éloignées.
5° Terrains paludiens. — Dépôts formés dans les marais n’ayantaucune communication directe avec des cours d’eau et alimentés seu-lement par les eaux pluviales coulant le long des pentes.circonvoisinesou par dos sources peu éloignées ou intérieures. Ils sont composés desubstances apportées par les eaux, telles que sable, argile, calcaire,terreau, coquilles terrestres et fluviatiles.