26 CHAPITRE III.
si le sol est trop humide, il ne vient plus que des plantes aquatiques.Plusieurs causes concourent à la privation de l’eau : l’absence de pluiesen été; des réservoirs intérieurs d’eau à une trop grande profondeurpour fournir aux besoins de la végétation ; un sous-sol imperméablequi ne permet pas à l'eau de revenir à la surface, même lorsque les ré-servoirs ne sont pas à une trop grande profondeur. Toutes les eaux nesont pas également bonnes pour la végétation ; celles qui sont peuaérées prennent à la terre et aux plantes de l’oxygène. Les eaux char-gées de carbonate ou de sulfate de chaux laissent déposer, les pre-mières, du carbonate, quand le gaz acide carbonique à la faveur duquelil était tenu en dissolution se dégage ; les autres, du sulfate. Lorsque l’eaus’évapore, les dépôts formés encroûtent les plantes, qui ne tardent pas àpérir.
Les eaux fertilisantes sont celles qui sont aérées et qui renferment endissolution des substances reconnues comme engrais nutritifs. L’eàusaturée d’air en renferme ^de son volume de ce gaz: cet air est plusoxygéné que celui de l’atmosphère, comme nous l’avons déjà dit. Sielle renferme moins de ^ d’air, elle est peu favorable à la végétation ;les eaux de puits et de neige sont dans ce cas, ainsi que les eaux peuaérées que l’on conserve dans les jardins pour l’arrosage.
L’eau agit à l’état de vapeur, de brouillard ou de pluie. A l’état devapeur, elle humecte les feuilles et facilite les phénomènes de la vé-gétation; à l’état de pluie, elle pénètre dans le sol et réagit sur lesracines, en leur faisant absorber les substances dissoutes par elle etdont les plantes ont besoin pour leur nutrition.
Les tropiques ne doivent leur puissante végétation qu’aux fortespluies qui tombent régulièrement chaque jour à certaines époquesde l’année : les forêts possèdent alors une humidité constante etchaude, condition éminemment favorable à leur développement.
Les substances minérales transportées par l’eau dans les tissus duvégétal se déposent précisément aux places où s’effectue l’évapora-tion, à l’exception toutefois de celles qui concourent à la formationde quelques composés, en leur fournissant des bases.
L’eau, indépendamment des fonctions qu’elle remplit comme vé-hicule, se fixe, du moins ses éléments, en proportion notable dans lestissus des végétaux. Cette fixation est rendue probable par le tiersd’eau absorbée qui n’est pas exhalée, par la formation des principesimmédiats des plantes, tels que la gomme, la fécule, le sucre, dont lacomposition chimique peut être représentée par de l’eau et du carbone.
Lorsque le sol est facilement perméable et que l’eau arrive en