DE D’ACTION DE l’eAU SUR LA VÉGÉTATION. 35
lubies des engrais ; aussi peuvent-elles servir avantageusement à irri-guer les prairies. En Bresse, on a remarqué une anomalie que nousne devons pas oublier de mentionner : Dans cette contrée, les eaux quiproviennent des terrains calcaires labourés produisent des effets mé-diocres , tandis que le contraire a lieu quand le sol n’a pas cette ori-gine. On ne sait pas comment il se fait que le calcaire réagit sur lesengrais de manière à atténuer leurs effets au bout d’un certain temps.
Les eaux qui viennent des terrains purement argileux sont de mé-diocre qualité ; elles ne peuvent agir qu’en été, en donnant de la fraî-cheur au sol et fournissant un véhicule aux principes nutritifs desvégétaux : si on les employait dans les temps froids et humides quandle terrain surtout est argileux, on aurait des fourrages de mauvaisequalité et en petite quantité, en raison de la présence des joncs et descarrex. Suivant M. Puvis, les bonnes eaux paraissant agir par desprincipes gazeux, il faut les employer immédiatement après leur sortiedelà source; c’est le contraire pour la plupart des eaux médiocres,qui ne peuvent que gagner pendant leur contact avec l’air et la terre.
On considère comme d’excellente qualité les eaux des habitations,des cours de ferme, des villages, des villes, et même des cheminstrès-fréquentés.
Les eaux des terrains pyriteux ont peu de valeur; cependant, danscertains cas, comme l’a démontré M. Eusèbe Gris, les eaux qui ren-ferment une faible quantité de proto-sulfate de fer agissent comme sti-mulant sur les végétaux, surtout dans les chloroses, c’est-à-dire lorsqueles tiges et les feuilles jaunissent, ce qui est un signe de faiblesse etde maladie.
On a dit que les eaux provenant de la fonte des neiges ne devaientpas être déversées sur les prairies. M. Puvis (i) a fait à cet égardune observation qui doit être prise en considération : « On sait que la« neige est favorable à la végétation et aux blés qu’elle couvre, et« les eaux des dégels entraînent avec elles beaucoup de principes for-ce tifiants. Elles peuvent nuire cependant à la fin de l’hiver, au dernier« dégel, parce que, s’infiltrant dans l’épaisseur de la couche végétale,« à la température de la glace fondante, elles engourdissent la végè-te tation danslemoment où elle doit se ranimer ; mais les eaux de neige« ou de dégel du commencement et du courant de l’hiver devraient,« nous le pensons, être utiles aux prairies, en raison des principes« fécondants qu’elle leur apportent, et de ce qu’à cette époque la
(1) Ouvrage déjà cité, pag. 243.