CHAPITBE 111.
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« végétation du printemps, encore éloignée, n’a rien à perdre au re-« froidissement du sol. »
Nous avons dit également que les eaux qui lavaient les terrains ma-récageux les assainissaient, en enlevant les principes nuisibles à lavégétation et en leur en laissant d’utiles; ces eaux ne peuvent servirpar conséquent aux prairies inférieures.
Les eaux qui proviennent des bois où il existe beaucoup de chênesou de châtaigniers sont également nuisibles, parce qu’elles renfermentune forte proportion d’un principe astringent acide produisant lesmêmes effets que ceux des eaux qui ont passé sur les terrains maré-cageux : ce principe produisant des carrex et des végétaux de mau-vaise qualité, il faut par conséquent rejeter celles qui ont servi àl’arrosage des prés marécageux, à moins toutefois de faire disparaîtreles causes qui les rendent non fertilisantes.
Ces causes étant nombreuses, on ne peut poser de principes générauxà cet égard; passons en revue seulement quelques cas particuliers. Sil’infécondité est due à la nature du limon, il suffit de laisser déposer celimon ; on emploie alors ces eaux en été pour rafraîchir le sol, à moinstoutefois qu’elles ne renferment en solution des principes nuisibles.Les eaux chargées d’argile et celles qui renferment du carbonate dechaux en quantité suffisante pour les rendre incrustantes sont dans cecas... On peut encore, pour les utiliser, les laisser reposer dans un ré-servoir renfermant un engrais ; elles deviennent alors d’excellentequalité. En Suisse, quand le fumier manque, on le remplace par desbranches de sapin vert ; quand elles ont perdu leurs feuilles, ou euremet d’autres : on peut y substituer d’autres végétaux, à l’exceptiontoutefois du chêne, du châtaignier et de la bruyère, en raison de leurprincipe astringent. On peut néanmoins le détruire avec la chaux, carce principe n’est autre qu’un acide qui sature cette base.
Quant à l’emploi des eaux de drainage pour les irrigations, les effetsdépendent de la nature de ces eaux : si elles proviennent de terrainsmarécageux , elles ne sauraient produire de bons effets ; si elles sontdues à l’assainissement de terres cultivées ou de terres inondées parles eaux arrivant de pentes voisines, les résultats peuvent être satis-faisants.