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CHAPITRE IV.
nement lumineux se comporte à peu près de même, l’absorption étantde 0,19, de sorte que l’intensité n’est que 0,81 à la surface, en suppo-sant toutefois l’air, très-serein et les couches également denses.
Les vapeurs répandues dans l’air influent beaucoup sur la transpa-rence de l’air, et réduisent ce nombre ; mais en moyenne, par untemps serein et le soleil au zénith, on peut admettre approximative-ment qu’un rayon lumineux direct a perdu le cinquième de sa valeurlorsqu’il parvient à nous. Cette absorption varie avec l’épaisseur dela couche atmosphérique; à l’horizon, toutes choses égales d’ailleurs, lavaleur de l'intensité lumineuse n’est que les 0,058 de sa valeur pri-mitive.
En évaluant la quantité de chaleur reçue sur la partie éclairée de laterre, on trouve, d’après cela, qu’elle est comprise entre 0,5 et 0,6,et celle qui est absorbée entre 0,5 et o,4. La terre ne reçoit donc, parsuite de la présence de l’atmosphère, que la moitié à peu près de lachaleur émanée du soleil.
Il en est de même des rayons lumineux; ils sont réfléchis dans tousles sens par les particules de l’air; mais tous les rayons colorésdont se compose la lumière solaire ne se réfléchissent pas avec lamême énergie; la teinte générale doit donc paraître de la couleurdes rayons qui sont réfléchis avec le plus de force. Le bleu étantla couleur de l’air, c’est donc celle des rayons qui sont réfléchispar les particules de l’air avec le plus d’intensité. La teinte bleue duciel est modifiée par la présence des vapeurs et des nuages, qui réflé-chissent aussi des rayons colorés; c’est par suite de cette diffusion queles diverses régions du globe ne sont pas plongées tout à coup dans lesténèbres lorsque le soleil quitte l’horizon.
La teinte jaunâtre que prennent le soleil et la lune à travers cer-tains nuages, ainsi que la couleur rouge du soleil couchant, sontdues probablement à la même cause , c’est-à-dire à une inégale trans-mission des rayons lumineux à travers l’atmosphère, ou à travers unecouleur épaisse d’air chargée de vapeur. C’est pour ce motif que lacouche rouge de l’horizon est considérée comme pronostic d'humi-dité. Il est presque impossible, dans l’absorption de la lumière, dedistinguer la part afférente à la vapeur de celle qui est relative à l’airsec et pur, attendu que l’atmosphère est toujours plus ou moins char-gée d’humidité. Pour plus de développements nous renvoyons à notreTraité de physique terrestre et de météorologie. Dans les obser-vations météorologiques on note l’état du ciel, selon qu’il est plus oumoins clair, afin de constater la température à l’ombre et au soleil,