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CHAPITRE IV.
de température ; car à quelques centimètres au-dessous le sol possèdeune température plus élevée.
Wells, au commencement de ce siècle, fit une série d’expérien-ces plus étendues et plus variées, en plaçant des thermomètres surdes feuilles, ou en les enveloppant de laine et de coton. Ces thermo-mètres , placés à peu de distances du sol, dans les temps calmes et se-reins, indiquaient un abaissement de température de 4°,5 et même7°,5 au-dessous de celui d’un thermomètre dépourvu d’enveloppe, etsuspendu à la hauteur de t mèt. 33. Toutes ces indications tendaientà se rapprocher quand le ciel se couvrait de nuages.
Wells fit en outre une série d’expériences, en observant la quantitéde rosée déposée sur des flocons de laine placés dans différentes con-ditions et sur différents corps. En variant les expériences, il montraque tout ce qui tend à diminuer la portion du ciel en regard du corpsqui rayonne, diminue la quantité de rosée dont celui-ci se recouvre.
Voici comment Wells expliqua ces effets : Les corps se refroidissantsuivant leur pouvoir émissif, leur conductibilité et la partie visibledu ciel, si la quantité de vapeur contenue dans l’air est telle que lerefroidissement amène la saturation dans les parties aériennes encontact avec ces corps, Veau se précipite à la surface sous la formede gouttelettes, que l’on observe le matin sur les plantes, surtout leprintemps et l’automne. Si l’abaissement de température est suffisant,la congélation s’ensuivra, et il y aura gelée blanche.
Cette théorie, qui a été adoptée par tous les physiciens, rend comptedes différences que l’on observe suivant le pouvoir émissif et conduc-teur des corps. Ainsi l’argent et le cuivre, qui ont un pouvoir émissiftrès-faible et qui sont bons conducteurs, ne se recouvrent pas de rosée.On rend compte également des effets qui ont lieu lorsque le vent mé-langeant les couches atmosphériques enlève les couches d’air qui sontsur le point d’être saturées, ce qui empêche le dépôt de rosée.
M. Melloni, après avoir constaté les faits précédemment exposés, acru devoir les envisager sous un autre point de vue, en s’appuyantprincipalement sur une considération que l’on avait négligée jusqu’àlui : il commença effectivement par prouver que les indications duthermomètre soumis au rayonnement nocturne ne donnaient pas latempérature du sol au delà de la couche d’air avec laquelle il était encontact, mais bien les différences entre la température de la bouledu thermomètre et celle de l’air ou du sol, par suite d’une inégalitédans leurs pouvoirs rayonnants.
Le verre des thermomètres possède effectivement un pouvoir émis-