DU RAYONNEMENT SOLAIRE.
44
sif très-grand, 92°,50, celui du noir de fumée étant égal à loo.Un thermomètre se refroidissant donc par rayonnement plus que lacouche d’air contiguë, n’indique pas la température de celle-ci, maisbien celle du verre qui a été plus refroidi que l’air. Pour le prouver,M. Melloni a enveloppé plusieurs thermomètres de substances ayantun pouvoir émissif très-faible, afin qu’ils indiquassent réellement latempérature de la couche d’air dans laquelle le réservoir de chacund’eux était plongé.
A cet effet, il a placé le réservoir d’un thermomètre dans un petitvase en argent bien poli ou en laiton, de la grandeur d’un dé à coudre,et adapté à la tige au moyen d’un bouchon de liège qu’elle traver-sait , l’échelle étant sur ivoire appliquée sur une enveloppe de métalqui garantissait la tige elle-même des effets du rayonnement céleste.Un thermomètre ainsi préparé perd presque entièrement son pouvoirémissif, car celui de l’argent poli, qui est très-faible, est porté tout àcoup à son maximum lorsque l’on recouvre de noir de fumée la surfacemétallique de l’enveloppe.
Dans une série d’expériences faites par M. Melloni, trois thermomè-tres ont été préparés ainsi dans des cônes de fer-blanc recouverts decouvercles, et placés à 15 mètres au-dessus du sol à côté les uns desautres.
Deux thermomètres, lesn os 1 et 2, conservaient leur enveloppe polie,tandis que le troisième avait son enveloppe recouverte de noir de fu-mée; ils indiquaient tous une température de t7°,6. On enleva les cou-vercles des cônes qui renfermaient les thermomètres 2 et 3 ; aussitôtque le n° 3 vit le ciel, il se refroidit rapidement de 3°,4 au-dessous dela température indiquée primitivement.
Quant à la température du n° 2, elle était la même que celle du n° l,dont le couvercle n’avait pas été enlevé.
Concluons de là : 1° que le refroidissement du thermomètre n° 3est dû au rayonnement nocturne; 2 ° que celui du thermomètre métal-lique est nul, ou si faible qu’il échappe à l’observation ; 3° que le ther-momètre n° 2 , donnant le même effet quand le cône est fermé ou nonfermé, indique réellement la température de lacouche d’air. Ainsi, unthermomètre à armure métallique donne sensiblement la températurede l’air. M. Melloni a évalué l’influence de diverses enveloppes sur lerayonnement céleste, en recouvrant la boule de ces thermomètresde différentes substances, et rapportant les observations à celles quiétaient faites avec un thermomètre à armure métallique, donnant exac-tement la température de l’air ambiant. En opérant ainsi, il a trouvé