DU RAYONNEMENT SOLAIRE. 45
remonte rapidement à la température du thermomètre à armure libre,et indique alors la température de l’air.
La portion du ciel qui agit le plus efficacement pour opérer le re-froidissement par voie de rayonnement est l’espace circulaire ayantpour centre le zénith, et dont le diamètre embrasse un angle de 60à 70°.
M. Melloni, ayant placé son thermomètre à armure métalliquedans le cône réflecteur d’abord avec des herbes, ensuite avec deslanières de métal découpées de la même manière, a vu la rosée sedéposer sur les herbes dans les circonstances où elle a lieu sur terre,tandis qu’elle ne s’est jamais déposée sur les métaux, où l’on n’observeni refroidissement ni rosée. Cette différence tient au pouvoir émissifpeu énergique du métal et à sa bonne conductibilité.
Il résulte des expériences précédentes que l’on ne doit pas admettre,avec Wells, Wilson, etc., que les corps, par l’effet du rayonnementnocturne, se refroidissent de 5, 6,7, 8° au-dessous de la températureambiante, puisque l’abaissement de température atteint rarement 3°,et le plus souvent ne va pas au delà de 2°.
D’après ce qui précède, on pourrait croire que les corps se refroi-dissent inégalement par l’effet du rayonnement céleste aussitôt quele soleil a quitté l’horizon. Suivant leur nature et l’humidité de l’air,la rosée ne devrait se déposer que sur ceux qui ont éprouvé le plusgrand abaissement de température ; mais les choses ne se passent pasainsi, et la raison en est toute simple. Quand la rosée commence àparaître, l’hygromètre à cheveu indique dans la couche d’air conti-guë 90 à 98°, c’est-à-dire une humidité presque extrême; il n’est, pasnécessaire par conséquent, pour donner lieu au dépôt de rosée, d’unabaissement de température considérable dans un corps. Ainsi, oula rosée manque totalement, ou elle se trouve répandue presque uni-formément sur toutes les plantes basses, quelles que soient leurs dispo-sitions; seulement, la hauteur des plantes doit exercer une influence :car à une certaine distance de terre il peut se faire que l’air ne soitpas assez humide pour atteindre le point de rosée. La diffusion uni-forme de la rosée sur toutes les plantes basses tient à un fait queM. Melloni considère comme d’une importance extrême pour l’expli-cation du rayonnement nocturne : ce fait consiste en ce que l’effet durayonnement des corps vers le ciel est sensiblement le même, quelleque soit leur température; en sorte que dans une nuit calme et sereineun corps se refroidit toujours de la même quantité. Parry et Scoresbyont observé un fait de ce genre : ils ont constaté que dans les régions