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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CHAPITRE IV.

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polaires la première couche de neige, ou la pellicule supérieure, serefroidissait à peu près de 9° au-dessous de la température de lair,quand celle-ci était O ou 30°. Ainsi, daprès cela, un corps exposépendant la nuit à laction rayonnante dun ciel pur et serein se re-froidit toujours de la même quantité , quelle que soit la tempéra-ture de lair.

M. Melloni est parti des faits qui précèdent pour donner une théoriedu rayonnement nocturne qui diffère en quelques points de celle deWells. Ce dernier admet que la rosée est due à la précipitation de lavapeur deau, produite par labaissement de température du corpsrésultant du rayonnement nocturne des plantes. Suivant M. Melloni,la rosée doit être attribuée au séjour prolongé de lair rendu plus oumoins humide autour de surfaces rayonnantes. Voici comment ilexplique ce phénomène :

Supposons un pré couvert de végétaux plus ou moins hauts, et unciel calme et serein. Ces végétaux, par suite du rayonnement noc-turne, auront une température de 1 à 2° au-dessous de celle de lair;supposons un degré seulement: si la température est T, celle desherbes sera T 1 . Les herbes refroidiront cette petite couchedair, et sur toute la surface la température deviendra T l ; maislherbe ne cessera pas de rayonner, sa température sabaissera de nou-veau de 1° au-dessous de T 1 , et deviendra T 2, etc. ; en sorteque cet abaissement pourra devenir de 7 à 8° au-dessous delà tempé-rature primitive à une certaine hauteur. Il sensuit que lair, à lasurface de la prairie, pourra arriver à saturation, et que lhygromètresy tiendra tout près de lhumidité extrême avant la formation de larosée au moment elle se formera ; un degré ou un demi-degré àpeine donnerait lieu à une précipitation.

On voit comment il se fait que les corps les plus rayonnants, quinont pas une température de plus de 1 à 2° au-dessous de celle delair ambiant, peuvent, par une série de réactions, abaisser davantagela température et amener le point de rosée.

La théorie que nous venons dexposer ne diffère pas autant de cellede Wells que M. Melloni semble le croire ; car le refroidissement ducorps abaissant la température de lair qui se trouve dans les partiesbasses, le point de saturation doit finir par arriver. Pour savoir si cescorps ne peuvent condenser de la vapeur immédiatement par le re-froidissement seul au rayonnement, il faudrait quil fût bien dé-montré que le rayonnement seul ne peut abaisser que de 2° environla température du corps au-dessous de celle de lair. Pour décider la