DD RAYONNEMENT SOLAIRE. 45
question, il faudrait disposer différents appareils analogues à celui deM. Melloni à diverses hauteurs, et suivre les effets du rayonnementcomparativement avec ceux accusés par des thermomètres placés àl’air libre.
Nous citerons à l’appui des effets du rayonnement céleste l’abaisse-ment detempérature maïale, dû au rayonnement céleste. Assez ordinai-rement, du t er au 15 mai on observe un abaissement assez fort de tem-pérature quand celle de l’air est peu élevée, lequel produit des effetsdésastreux sur les arbres fruitiers en fleurs et d’autres végétaux. Ceseffets sont attribués à la lune rousse (lune d’avril), que la croyancepopulaire considère comme en général funeste à la végétation dansnos contrées.
On dit, par exemple, dans quelques parties de l’Allemagne, qu’avantle 13 mai on ne doit pas compter sur des jours d’été certains ; maisque cette époque passée, qui est celle des trois saints de glace, saintMamers, saint Pancrace et saint Gervais, il survient rarement un froiddont on ait à redouter les effets.
M. Mædler, en 1834, puis M. Lohrmann, en supputant un grandnombre d’observations faites à Saint-Pétersbourg, Berlin, Dresde etPrague pendant un grand nombre d’années, du 7 au 20 mai, ontreconnu qu’un refroidissement momentané survient, sous la latitudede Saint-Pétersbourg, vers le 9 et 10 mai, et qu’il se manifeste dansdes lieux plus méridionaux, à Prague, Dresde et Berlin, dans lesjournées des 11 et 12, coïncidant ainsi avec la Saint-Mamers.
On a observé des résultats analogues pour Vienne, Franefort-sur-le-Mein , Carlsruhe, Paris et Londres, tandis qu’à Stockholm, Kœ-nigsberg et Frauenbourg, la loi ne se vérifie pas.
M. Mædler a cherché à expliquer ce fait en disant que vers le pre-mier tiers du mois de mai, et sous la latitude du cercle polaire , lesoleil ayant assez de force pour fondre les neiges et les glaces de cescontrées, une portion de la chaleur sensible devient chaleur latente,d’où résulte un abaissement de température. Cet abaissement se com-munique aux contrées voisines, et ainsi de suite jusqu’aux contréesles plus éloignées où l’effet puisse se faire sentir, et cela plus ou moinstardivement, suivant que les vents du nord , causes du refroidisse-ment , ont une vitesse plus où moins grande.
D’après des relevés statistiques, on a trouvé les résultats consignésdans le tableau suivant :